Douala, la capitale économique du Cameroun, s’apprête à vivre une transformation majeure de son paysage urbain. La Communauté Urbaine de Douala (CUD) a officiellement annoncé le lancement d’un projet phare : la construction d’une rocade de 10 kilomètres et d’un quatrième pont sur le fleuve Wouri. Estimé à 17 milliards de FCFA, ce projet s’inscrit dans une vision plus large de modernisation des infrastructures de la ville, avec le soutien financier de la Banque mondiale dans le cadre du programme “Villes et gestion foncière durables”.

Un projet structurant pour désengorger Douala

Douala, ville portuaire et plaque tournante du commerce en Afrique centrale, est régulièrement confrontée à des problèmes de congestion routière. Les axes de circulation actuels, saturés, peinent à absorber le flux croissant de véhicules, engendrant des embouteillages chroniques et une perte de productivité économique. La construction de cette nouvelle rocade et du quatrième pont sur le Wouri vise à fluidifier le trafic, en offrant une alternative aux routes existantes et en connectant plus efficacement les différents quartiers de la ville.

Le projet prévoit la réalisation d’une rocade de 10 km, qui viendra compléter le réseau routier existant, et d’un nouveau pont sur le Wouri, le quatrième du genre. Ce dernier permettra de désenclaver certaines zones périphériques et de faciliter les échanges entre les deux rives du fleuve, tout en réduisant la pression sur les ponts actuels, souvent engorgés aux heures de pointe.

Un financement international pour un projet d’envergure

Le coût total du projet est estimé à 17 milliards de FCFA, un montant conséquent qui sera en grande partie financé par la Banque mondiale. Ce financement s’inscrit dans le cadre du programme “Villes et gestion foncière durables”, qui vise à accompagner les villes africaines dans leur développement urbain et leur transition vers des modèles plus durables. Pour Douala, ce projet représente une opportunité unique de moderniser ses infrastructures et d’améliorer la qualité de vie de ses habitants.

La Banque mondiale, partenaire de longue date du Cameroun, a salué l’ambition de ce projet, qui s’aligne avec les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30). Cette stratégie, adoptée par le gouvernement camerounais, vise à transformer structurellement l’économie du pays et à améliorer les conditions de vie des populations. Le projet de rocade et de pont s’inscrit parfaitement dans cette vision, en contribuant à la création d’un environnement urbain plus fonctionnel et attractif.

Des retombées économiques et sociales attendues

Au-delà de l’amélioration de la circulation, ce projet devrait avoir des retombées économiques significatives pour Douala et sa région. En désengorgeant les axes routiers, il favorisera une meilleure circulation des marchandises et des personnes, boostant ainsi l’activité économique. Les entreprises locales, notamment celles du secteur logistique, devraient en être les premières bénéficiaires.

Par ailleurs, la construction de cette nouvelle infrastructure devrait créer des emplois, tant pendant la phase de réalisation qu’une fois les travaux achevés. Les habitants de Douala pourront également bénéficier d’un accès facilité aux services essentiels, tels que les hôpitaux, les écoles et les marchés, grâce à une meilleure connectivité entre les différents quartiers de la ville.

Un défi à relever : la gestion foncière et l’impact environnemental

Si le projet est salué pour son ambition, il n’en reste pas moins qu’il soulève des questions, notamment en matière de gestion foncière et d’impact environnemental. La construction de la rocade et du pont nécessitera l’acquisition de terrains, ce qui pourrait entraîner des déplacements de populations et des conflits fonciers. La CUD devra veiller à ce que ces acquisitions se fassent dans le respect des droits des propriétaires et avec une indemnisation juste et équitable.

Par ailleurs, le projet devra prendre en compte les enjeux environnementaux, notamment la préservation des écosystèmes du fleuve Wouri. Les autorités devront s’assurer que les travaux ne perturbent pas l’équilibre écologique de la zone et que des mesures d’atténuation soient mises en place pour limiter l’impact sur l’environnement.

Une étape clé pour l’avenir de Douala

Le lancement de ce projet marque une étape clé dans le développement de Douala. En modernisant ses infrastructures routières, la ville se positionne comme un pôle économique et logistique de premier plan en Afrique centrale. Ce projet, s’il est mené à bien, pourrait servir de modèle pour d’autres villes camerounaises et africaines confrontées à des défis similaires.

Pour les habitants de Douala, c’est l’espoir d’une ville plus fluide, plus connectée et plus prospère. Reste maintenant à suivre la mise en œuvre de ce projet ambitieux, qui devra concilier développement urbain, respect des droits des populations et préservation de l’environnement. Une équation complexe, mais essentielle pour l’avenir de la capitale économique du Cameroun.

Emmanuel Ekouli

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