La mairie de la ville de Yaoundé franchit une étape majeure dans sa stratégie de sécurisation de la capitale. Mardi 1er juillet 2025, les 60 premiers agents de la toute nouvelle police municipale ont reçu leurs attestations de fin de formation au Centre d’instruction et d’application de la police (CIAP) de Mutengene. Une cérémonie sobre mais symbolique, marquant le début d’une expérience inédite pour une ville confrontée à des défis croissants en matière d’ordre public.

Une réponse aux enjeux de sécurité urbaine

Créée dans le cadre de la décentralisation et de la modernisation des forces de l’ordre, cette police municipale a pour mission de seconder la police nationale en assurant des missions de proximité : régulation de la circulation, lutte contre les incivilités, sécurisation des marchés et des espaces publics.

« Cette formation était essentielle pour doter nos agents des compétences nécessaires en droit, techniques d’intervention et gestion des conflits », a souligné un responsable de la mairie présent à la cérémonie. Pendant plusieurs semaines, les recrues ont été formées aux techniques de maintien de l’ordre, à la législation locale et à la communication citoyenne.

Un pas vers plus de proximité… et des interrogations

Si l’initiative est saluée par une partie de la population, certains observateurs s’interrogent sur l’articulation entre cette nouvelle force et les corps de sécurité existants. « Il faut éviter les doublons et les conflits de compétences », met en garde un expert en sécurité urbaine. D’autres soulignent la nécessité d’équiper correctement ces agents pour qu’ils puissent agir efficacement.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour demander plus de transparence sur le processus de recrutement. La mairie de la ville assure que les agents ont été sélectionnés sur des critères stricts, mais certains habitants réclament la publication des profils retenus pour s’assurer de leur impartialité.

Un test pour Yaoundé

Ces 60 premiers agents devraient être déployés dans les prochaines semaines, avec pour objectif affiché de « ramener la sérénité dans les quartiers ». Leur succès – ou leurs difficultés – seront scrutés de près, car d’autres villes camerounaises pourraient s’inspirer de ce modèle.

Pour l’heure, la mairie promet un renforcement progressif des effectifs, avec à terme plusieurs centaines d’agents municipaux. Reste à savoir si cette nouvelle police saura gagner la confiance des Yaoundéens, dans un contexte où la méfiance envers les forces de l’ordre reste palpable.

Une chose est sûre : cette initiative marque une nouvelle ère dans la gouvernance urbaine au Cameroun. Son bilan, dans quelques mois, sera déterminant.

Emmanuel Ekouli

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