Alors que la base exige un congrès, Ngoh Ngoh et la clique au pouvoir imposent leur agenda au mépris de Jean Nkueté, secrétaire général du parti, Grégoire Owona, Fame Ndongo les maîtres d’hier eux-mêmes mis à la touche aujourd’hui. Est-ce le début de la fin d’une ère ? Affaire a suivre…

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) porte aujourd’hui très mal son nom. Loin d’être un rassemblement, encore moins démocratique, le parti de Paul Biya est devenu le symbole même de l’opacité, du mépris et de la confiscation de la parole militante. Pendant que les cadres de base réclament à cor et à cri un congrès pour discuter de l’avenir du parti et désigner un candidat pour la présidentielle de 2025, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence et véritable homme fort du régime, préfère jouer en solo.

Un parti qui tourne le dos à ses militants

Depuis des mois, les militants du RDPC expriment leur frustration. Ils veulent un congrès, une discussion ouverte, une désignation transparente de leur candidat. Mais au lieu de les écouter, la direction leur oppose un silence méprisant. Pendant ce temps, Ngoh Ngoh multiplie les réunions secrètes avec des membres du gouvernement et des parlementaires, soi-disant pour « élaborer une bonne stratégie » en vue de la présidentielle.

Mais quelle stratégie ? Celle d’imposer un candidat sans consultation ? Celle de perpétuer un système où les militants ne sont que des figurants, bons seulement à applaudir et à mobiliser lors des meetings ? Les militants du RDPC ne sont pas dupes. Ils voient bien que d’autres partis, comme l’UNDP ou le MRC, organisent des assises, écoutent leurs bases, et prennent des décisions collectives. Pendant ce temps, le RDPC, lui, fonctionne comme une cour fermée, où seuls quelques initiés décident pour tous.

Autour désormais du vrai président du Rdpc…

Ngoh Ngoh, l’éminence grise qui impose sa loi

Ferdinand Ngoh Ngoh, présenté comme le « représentant personnel du chef de l’État », incarne cette dérive autoritaire. Au lieu de servir de relais entre la base et la direction, il agit en véritable despote, verrouillant toute velléité de débat interne. Les militants demandent un congrès ? On leur répond par des manœuvres en coulisses. Ils veulent une désignation démocratique ? On leur prépare un scénario tout fait, où leur rôle se limitera à entériner une décision déjà prise en haut lieu.

Cette façon de gérer le parti est non seulement antidémocratique, mais aussi profondément insultante pour des milliers de militants qui, depuis des années, ont cru en ce mouvement. Certains ont sacrifié temps, argent et énergie pour le RDPC. Aujourd’hui, ils réalisent qu’ils ne sont que des pions, jetables à merci.

Le RDPC, un parti en décalage avec les réalités politiques

Alors que l’opposition se structure et que les attentes des citoyens évoluent, le RDPC reste englué dans ses vieilles méthodes : clientélisme, verticalité du pouvoir, absence de transparence. Résultat ? Un fossé se creuse entre la direction et les militants. Ces derniers, lassés de ne pas être entendus, commencent à regarder ailleurs.

Et ils ont raison. Pourquoi rester dans un parti qui les méprise ? Pourquoi continuer à soutenir des dirigeants qui ne voient en eux que de la chair à meeting ? D’autres formations politiques, plus à l’écoute, pourraient leur offrir une véritable place dans le débat démocratique.

La fin d’une illusion ?

Le RDPC a-t-il encore un avenir ? Pas sûr. Un parti qui tourne le dos à ses militants est un parti condamné. L’histoire politique africaine regorge d’exemples de mouvements qui, après avoir marginalisé leur base, se sont effondrés comme des châteaux de cartes.

Aujourd’hui, le RDPC ressemble de plus en plus à une coquille vide, dirigée par une poignée d’hommes qui confondent parti politique et propriété privée. Si rien ne change, les prochaines élections pourraient bien sonner le glas de ce qui fut autrefois une grande formation politique.

En attendant, les militants ont un choix à faire : continuer à se faire berner ou prendre leur destin en main. La balle est dans leur camp.

Emmanuel Ekouli


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