L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba, évincé du pouvoir par un coup d’État en août 2023, a décidé de jouer la carte du justicier… mais devant les tribunaux français. Mardi, il a été entendu par deux juges d’instruction dans le cadre d’une plainte pour « séquestration arbitraire » visant le régime du général Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel président du Gabon.
Une plainte qui sent le règlement de comptes
Ali Bongo, dont la famille a dirigé le Gabon d’une main de fer pendant 55 ans, accuse le nouveau pouvoir de « séquestration » et même de « torture ». Une ironie savoureuse pour ceux qui se souviennent des multiples accusations de répression, de corruption et de mauvaise gouvernance qui ont émaillé son propre règne.
Selon une source proche du dossier, l’enquête avancerait « favorablement », avec des « dates, des faits précis et des responsables identifiés ». Reste à savoir si la justice française, déjà encombrée par les affaires des biens mal acquis de la famille Bongo, aura envie de s’immiscer dans ce feuilleton politico-judiciaire.
Oligui Nguema, l’homme qui a osé détrôner les Bongo
Brice Clotaire Oligui Nguema, porté au pouvoir par un coup d’État militaire et élu président en avril dernier (dans un scrutin contesté), rejette bien sûr toutes les accusations. Lui qui se présente en sauveur d’un Gabon « libéré de la dynastie Bongo » doit maintenant faire face à une contre-offensive juridique menée depuis Paris.
Entre-temps, les Gabonais, eux, attendent toujours les promesses de démocratie et de transparence – des mots qui, sous Bongo comme sous Nguema, semblent garder une définition très… flexible.
La justice française, nouveau terrain de jeu des ex-dictateurs ?
Ali Bongo, qui a longtemps profité de l’immunité présidentielle, découvre aujourd’hui les joies du plaignant. Mais entre les dossiers de corruption qui le concernent et cette plainte pour « séquestration », un doute subsiste : s’agit-il vraiment de défendre les droits de l’homme… ou simplement de se venger ?
Affaire à suivre, entre deux procédures et un probable retournement de situation. Après tout, au Gabon comme ailleurs, la politique reste un théâtre où les anciens dirigeants jouent souvent les victimes… jusqu’à leur prochain retour en scène.
Emmanuel Ekouli
