Dans une démarche visant à consolider sa position sur le marché du cacao camerounais, Atlantic Cocoa, filiale du groupe singapourien Atlantic Holdings, a annoncé un investissement massif de plus de 10 milliards de FCFA (environ 15 millions d’euros) pour étendre les capacités de broyage de son usine située dans la zone portuaire de Kribi. Ce projet ambitieux permettra d’augmenter la capacité annuelle de traitement des fèves de cacao, la faisant passer de 48 000 tonnes à 64 000 tonnes. Selon les prévisions, les nouvelles installations devraient être opérationnelles entre fin 2026 et début 2027.

Un projet stratégique pour répondre à la demande croissante

L’annonce de cet investissement marque un tournant pour Atlantic Cocoa, qui a connu des débuts difficiles depuis l’inauguration de son usine en 2021. À l’époque, l’entreprise avait dû faire face à une pénurie de fèves de cacao sur le marché local, l’obligeant à importer une partie de sa matière première depuis la Côte d’Ivoire. Cependant, avec l’amélioration de l’approvisionnement et la volonté du Cameroun de valoriser davantage sa production locale, Atlantic Cocoa se positionne désormais comme un acteur clé dans la transformation du cacao camerounais.

« Cette extension témoigne de notre engagement à long terme dans l’industrie cacaoyère camerounaise », a déclaré un responsable de l’entreprise. « En augmentant notre capacité de broyage, nous pourrons mieux répondre aux besoins des marchés internationaux tout en contribuant à la création d’emplois et au développement économique de la région. »

Une embellie après des débuts chaotiques

L’histoire d’Atlantic Cocoa au Cameroun n’a pas été un long fleuve tranquille. Peu après son installation, l’usine avait été confrontée à des défis majeurs, notamment la concurrence des acheteurs traditionnels de fèves (exportateurs et artisans locaux) et des difficultés d’approvisionnement. Le gouvernement camerounais, soucieux de promouvoir la transformation locale, avait alors mis en place des mesures pour inciter les industriels à s’approvisionner directement auprès des coopératives agricoles.

Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée. Le Cameroun, cinquième producteur mondial de cacao, cherche à augmenter la part de ses fèves transformées localement, actuellement estimée à environ 30 %. L’extension de l’usine d’Atlantic Cocoa s’inscrit dans cette dynamique, permettant au pays de capter une plus grande valeur ajoutée sur ses exportations.

Des retombées économiques prometteuses

Outre le renforcement de la capacité industrielle camerounaise, ce projet devrait générer des retombées positives pour l’économie locale. La construction des nouvelles infrastructures créera des emplois temporaires, tandis que l’augmentation de la production nécessitera une main-d’œuvre supplémentaire une fois l’usine opérationnelle. Par ailleurs, l’activité accrue d’Atlantic Cocoa devrait dynamiser la filière cacaoyère dans la région du Sud, où de nombreux producteurs pourront écouler leurs fèves à meilleur prix.

Les autorités camerounaises saluent cette initiative, qui s’aligne avec la stratégie nationale visant à porter la transformation locale à 50 % de la production totale de cacao d’ici 2030. « Ce type d’investissement renforce notre autonomie dans la chaîne de valeur du cacao et réduit notre dépendance à l’exportation brute des fèves », a souligné un membre du ministère de l’Agriculture.

Perspectives et défis à venir

Si l’annonce d’Atlantic Cocoa est porteuse d’espoir, certains défis persistent. L’entreprise devra sécuriser un approvisionnement régulier en fèves de qualité, tout en faisant face à la volatilité des cours mondiaux du cacao. Par ailleurs, la modernisation des infrastructures logistiques, notamment le port de Kribi, sera déterminante pour faciliter l’exportation des produits transformés.

Malgré ces enjeux, l’engagement d’Atlantic Cocoa démontre une confiance renouvelée dans le potentiel du cacao camerounais. D’ici 2027, l’usine de Kribi pourrait bien devenir un maillon essentiel de l’industrie agroalimentaire en Afrique centrale, contribuant à faire du Cameroun un hub de transformation cacaoyère de premier plan.

Emmanuel Ekouli

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