Alors que le ministère des Travaux Publics a lancé “en urgence” les travaux de bitumage du tronçon Banyo-Mayo Darle-Bankim dans la région de l’Adamaoua, pour un coût de 4,8 milliards de FCFA, les observateurs s’interrogent sur la capacité du gouvernement camerounais à respecter les délais. Ce projet, présenté comme stratégique pour désenclaver la région et renforcer la résilience du réseau routier, s’ajoute malheureusement à la longue liste des chantiers retardés, voire abandonnés, sous le règne de Paul Biya.
Un projet vital… mais une réalisation douteuse
Long de 152 kilomètres, ce tronçon doit faciliter les échanges économiques entre l’Adamaoua et les régions voisines, tout en améliorant la mobilité des populations locales. Pourtant, l’annonce de son lancement en urgence soulève des inquiétudes. Pourquoi une telle précipitation ? Est-ce pour masquer l’inertie habituelle des autorités, ou simplement une manœuvre politique à l’approche d’élections ?
Le Cameroun, sous la gouvernance de Paul Biya, est tristement célèbre pour ses infrastructures inachevées. Des routes aux hôpitaux, en passant par les stades, les retards s’accumulent, souvent justifiés par des problèmes de financement, de mauvaise gestion ou de corruption. Le cas du tronçon Banyo-Bankim ne semble pas faire exception.
Un bilan désastreux : les chantiers fantômes du régime Biya
La liste des projets routiers retardés est édifiante :
- L’autoroute Yaoundé-Douala, annoncée depuis des décennies, peine à voir le jour.
- La route Sangmélima-Ouesso, dont les travaux traînent depuis des années.
- Le pont sur le Wouri à Douala, un serpent de mer qui accumule les reports.
Dans ce contexte, le bitumage du tronçon Banyo-Bankim inspire peu de confiance. Les populations locales, lassées par les promesses non tenues, craignent que ce chantier ne soit qu’un leurre de plus.
Urgence ou improvisation ?
Le ministère des Travaux Publics justifie ce lancement “en urgence” par la nécessité de faire face aux chocs climatiques et de désenclaver la zone. Mais cette précipitation pourrait cacher un manque de préparation, voire une volonté de détourner l’attention des échecs passés.
Les entreprises camerounaises chargées de ces projets sont souvent pointées du doigt pour leur manque de professionnalisme et leurs liens troubles avec le pouvoir. Les retards de paiement, les malfaçons et les abandons en cours de route sont monnaie courante.
Quand est-ce que le Cameroun sortira de cette spirale de retards ?
Alors que le pays s’enfonce dans une crise économique et sociale, les infrastructures routières demeurent un enjeu crucial pour le développement. Pourtant, sous le régime Biya, les chantiers tardent, les budgets disparaissent et les populations attendent toujours.
Le tronçon Banyo-Bankim, s’il est mené à bien, pourrait effectivement booster l’économie locale. Mais au vu des antécédents du gouvernement, il y a malheureusement peu d’espoir qu’il soit livré à temps.
En attendant, les Camerounais continuent de payer le prix de décennies de mauvaise gestion. Combien de temps encore faudra-t-il attendre avant que les promesses ne se transforment enfin en réalités ?
La balle est dans le camp des autorités.
Emmanuel Ekouli
