Le décret tant attendu a finalement été signé. Ce matin, le Président de la République, Paul Biya, a officiellement convoqué les électeurs camerounais pour le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Une annonce qui met fin aux mois de spéculations et qui ouvre une campagne électorale promise à haute tension.

Un scrutin dans un contexte politique tendu

La publication du décret présidentiel marque le début officiel d’une bataille électorale qui s’annonce passionnante, voire tumultueuse. À 92 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, briguera-t-il un nouveau mandat ? Si la question reste en suspens, la convocation du corps électoral relance les conjectures. Le régime, à travers le RDPC, maintient le suspense, mais les observateurs s’attendent à une candidature du président sortant ou à une manœuvre stratégique pour assurer une transition contrôlée.

Du côté de l’opposition, l’annonce a été accueillie avec un mélange de détermination et de scepticisme. Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et principal rival de Biya en 2018, a déjà fait savoir qu’il serait candidat. Fort d’un soutien grandissant parmi les jeunes et les urbains, Kamto entend capitaliser sur les frustrations sociales et les accusations de mauvaise gouvernance contre le régime.

Cabral Libii, président de l’Union des Populations Africaines (UPA) et troisième homme de la présidentielle de 2018, est également sur les starting-blocks. Son discours réformiste et sa volonté d’incarner une “nouvelle génération politique” pourraient lui permettre de jouer les trouble-fêtes, bien que son manque de ressources financières et son ancrage limité en milieu rural restent des handicaps.

Les enjeux d’une élection sous tension

Cette élection se déroulera dans un contexte de crise multiforme : tensions dans les régions anglophones, défis économiques aggravés par la pandémie et pression internationale sur la transparence du scrutin. La communauté observera avec attention le processus, d’autant que les précédents scrutins ont été émaillés de contestations et d’accusations de fraude.

L’opposition, fragilisée par des divisions internes, devra aussi faire face à la machine bien huilée du RDPC, qui contrôle l’administration et les médias publics. La question de l’accès équitable aux moyens de campagne et à la télévision d’État sera déterminante.

Quelles surprises possibles ?

Plusieurs scénarios sont envisageables :

  1. Un Biya candidat pour un dernier mandat – Symbole de continuité, mais aussi de l’immobilisme dénoncé par ses détracteurs.
  2. Une candidature de remplacement du RDPC – Si Biya renonce, un fidèle comme le Premier ministre Joseph Dion Nguté pourrait être propulsé.
  3. Une opposition unifiée – Peu probable, mais une alliance Kamto-Libii (ou d’autres leaders) bouleverserait la donne.

Une campagne sous haute surveillance

Avec cette convocation, le Cameroun entre dans une phase cruciale de son histoire politique. Entre espoir de changement et crainte de nouvelles violences post-électorales, les prochains mois seront décisifs. Une chose est sûre : l’ambiance sera électrique.

Emmanuel Ekouli

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