Il paraît, chuchotent les couloirs feutrés de la Scandalousie et jacassent les réseaux sociaux, qu’un ancien membre du MANIDEM, autrefois journaliste rebelle au journal Le Jour, aujourd’hui tranquille employé à la Commission des droits de l’homme grâce à une nomination présidentielle, aurait contacté Anicet Ekane, président du parti, ainsi que Mariane Ekane, sa sœur et camarade, avec une proposition digne d’un film de “Pakgne” politique : retirer l’investiture accordée à Maurice Kamto contre un chèque en blanc.

Et d’où viendrait ce scénario abracadabrantesque, me demanderez-vous ? Directement du château d’Etoudi, souffle-t-on à voix basse. Comme toujours, le palais aime bien mélanger sa cuillère en argent dans la marmite déjà amère des partis d’opposition. Acheter le silence, louer la soumission, casser l’espoir : voilà leur triptyque préféré.

Mais au fond, qui s’en étonne encore ? Ici, la politique est un marché noir, un Mboppi politique, où l’on négocie les investitures entre deux étals de convictions pourries. Pourtant, le Code électoral est clair : une investiture, une fois déposée, est gravée dans le marbre, sauf décès ou empêchement grave. Mais à quoi sert la loi dans un pays où même la morale s’est exilée ?

Dans ce grand supermarché électoral, l’investiture est devenue un produit de luxe. Aujourd’hui, un parti investit un candidat. Demain, il le revend au régime pour quelques millions. Après-demain, il ressort ses pancartes « Pour le changement » et appelle le peuple à voter, comme si de rien n’était.

Quel changement, au juste ? Celui de leur compte bancaire, sans doute. Car la politique ici, c’est une boutique de rue où les militants servent de mannequins d’étalage, et où les idéaux s’achètent au kilo.

Et pendant que la présidence tire les ficelles comme un marionnettiste fatigué, le peuple, lui, continue de danser au rythme du ventre vide et de l’injustice chronique. Car pendant que les investitures se vendent au plus offrant, c’est le Cameroun tout entier qu’on liquide à bas prix.

Charles Chacot Chimé

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