Aminatou Ahidjo riposte et accuse l’ancien ministre Issa Tchiroma de « tromperie politique » après ses déclarations controversées sur le pèlerinage à la tombe d’Ahmadou Ahidjo.
Une polémique qui enflamme la scène politique
Dans un communiqué officiel publié hier jeudi, Mme Aminatou Ahidjo a réagi avec une fermeté inhabituelle aux récentes déclarations de M. Issa Tchiroma Bakary, candidat à la présidentielle et ancien ministre. Ce dernier avait affirmé, dans une vidéo diffusée plus tôt dans la journée, s’être vu refuser l’autorisation de se rendre au Sénégal pour se recueillir sur la tombe de l’ancien président Ahmadou Ahidjo, figure historique du Cameroun.
Des propos qualifiés de « mensongers » et de « pure manipulation électoraliste » par la fille de l’ancien chef d’État. Dans une réponse cinglante, Aminatou Ahidjo a dénoncé une « escroquerie politique et morale », soulignant que M. Tchiroma n’a « jamais manifesté de soutien ou présenté ses condoléances à la famille Ahidjo, même dans les moments les plus douloureux ».
Un pèlerinage contesté : entre vérité et instrumentalisation
La polémique prend racine dans les déclarations de M. Tchiroma, qui a présenté son éventuel voyage à Dakar comme un hommage légitime à un prédécesseur illustre. Pourtant, selon Mme Ahidjo, cette initiative relève davantage d’une « manœuvre calculée » en pleine campagne électorale.
« Comment peut-on prétendre vouloir honorer la mémoire de mon père alors qu’on n’a jamais daigné s’associer à notre peine, ni avant, ni aujourd’hui ? », s’est-elle indignée. Elle a également rappelé que, en tant qu’ancien ministre, M. Tchiroma est soumis à des règles strictes, notamment l’obligation de solliciter une autorisation présidentielle pour quitter le territoire. Une formalité qu’il aurait, selon elle, « volontairement ignorée » pour créer un prétexte politique.
Le respect des institutions en question
Au-delà de l’aspect personnel, Aminatou Ahidjo a pointé du doigt le non-respect des procédures républicaines. « Un ancien ministre se doit de connaître et respecter les lois de son pays. Prétendre être empêché de voyager sans avoir effectué les démarches requises, c’est mentir au peuple et mépriser les institutions », a-t-elle martelé.
Cette sortie intervient dans un contexte électoral tendu, où chaque candidat cherche à marquer des points auprès de l’opinion publique. En accusant M. Tchiroma de « manipulation », Mme Ahidjo lance un avertissement clair : la campagne ne doit pas être un terrain de mensonges et de calculs opportunistes.
Un appel à l’éthique en politique
En conclusion de son communiqué, Aminatou Ahidjo a plaidé pour une campagne électorale saine, fondée sur « l’éthique, la vérité et le respect des valeurs républicaines ». « Le peuple mérite mieux que des fables montées de toutes pièces pour capter des voix », a-t-elle insisté.
Cette affaire, qui mêle mémoire historique, procédures administratives et stratégies politiciennes, risque de faire encore couler beaucoup d’encre. Reste à savoir si M. Tchiroma répondra point par point à ces accusations, ou si cette polémique s’éteindra aussi vite qu’elle a éclaté.
Une chose est sûre : à quelques mois de la présidentielle, le ton monte, et les coups bas pourraient se multiplier.
Emmanuel Ekouli
