Alors que le Conseil Constitutionnel a enterré les espoirs de Maurice Kamto, les leaders de l’opposition se doivent de trouver une candidature unique. Le régime vieillissant de Paul Biya, après 43 ans de pouvoir, est au bord du précipice.

Yaoundé, le 10 août 2025 – Les nouvelles ne sont pas bonnes pour Paul Biya. À quelques semaines de la présidentielle, l’opposition camerounaise, longtemps divisée, semble enfin comprendre l’urgence historique : s’unir coûte que coûte ou laisser le pays sombrer pour sept années supplémentaires sous le joug d’un pouvoir sclérosé.

Une justice aux ordres, une opposition trahie

La décision du Conseil Constitutionnel d’invalider la candidature de Maurice Kamto, l’ex leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a jeté une lumière crue sur la partialité des institutions. Dans un État où la justice est un instrument politique, cette élimination forcée rappelle les méthodes d’un régime accroché au pouvoir depuis 43 ans.

Pourtant, loin de les démoraliser, cette injustice semble avoir réveillé les ténors de l’opposition. Ce samedi 9 août, lors d’une réunion cruciale, Akere Muna (Parti UNIVERS), Kah Walla (CPP) et Serge Espoir Matomba (UPS) ont affiché une unité inédite. Objectif : une candidature commune pour battre Paul Biya.

L’heure de vérité pour l’opposition

Les discussions ont été intenses, mais l’esprit de compromis a prévalu. Les points d’accord sont clairs :

  • Transparence électorale (une commission indépendante pour superviser le scrutin)
  • Gouvernance économique (lutte contre la corruption et gestion rationnelle des ressources)
  • Justice sociale (accès aux soins, éducation gratuite, emploi des jeunes)
  • Décentralisation (plus d’autonomie pour les régions)

« Nous n’avons plus le luxe de nous diviser, déclare Kah Walla. Le Cameroun est au bord du gouffre. Si nous échouons cette fois, l’histoire ne nous pardonnera pas. »

Dimanche : le jour de tous les dangers

Ce dimanche 10 août, les leaders doivent franchir le pas décisif : désigner leur candidat unique. Les noms circulent : Akere Muna, porté par son expérience et son image modérée, pourrait être un choix fédérateur. Mais d’autres, comme Serge Espoir Matomba, plaident pour une ligne plus radicale contre le régime.

Le défi est immense. Car au-delà des egos, c’est toute une stratégie qu’il faut mettre en place : mobilisation populaire, surveillance des bureaux de vote, pression internationale… L’opposition devra aussi convaincre une jeunesse désabusée, tentée par l’abstention.

Biya dos au mur : la peur pourrait changer de camp

Pendant ce temps, à Etoudi, le pouvoir observe, inquiet. Paul Biya, 92 ans, ne peut plus compter sur l’usure du temps ni sur une opposition fragmentée. Son pire cauchemar se profile : une coalition déterminée, prête à en découdre.

Les signes de fragilité du régime se multiplient :

  • Crise économique (chômage massif, dette galopante)
  • Défiance internationale (les partenaires étrangers lâchent du lest)
  • Mécontentement social (grèves, manifestations étouffées dans le sang)

Le vent tourne. Et si l’opposition parvient à maintenir cette dynamique, octobre 2025 pourrait marquer la fin d’une ère.

L’union ou le chaos

Le Cameroun n’a jamais été aussi près du changement. Mais gare aux illusions : le régime usera de tous les moyens pour se maintenir. Fraude, intimidation, division – rien ne sera épargné.

L’opposition n’a plus le choix. Soit elle s’unit vraiment, soit elle disparaît. Et cette fois, le peuple camerounais, lui, ne pardonnera pas un nouvel échec.

La balle est dans leur camp.

Emmanuel Ekouli

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