Un accord majeur pour la CEMAC

Dans un contexte marqué par la relance économique post-pandémie et la nécessité de renforcer l’intégration régionale, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) ont signé, ce lundi 11 août 2025 à Yaoundé, un avenant financier de 120 milliards de FCFA. Cet accord, paraphé par le Gouverneur de la BEAC, Yvon SANA BANGUI, et le Président de la BDEAC, Dieudonné EVOU MEKOU, vise à consolider les capacités d’intervention de la BDEAC en faveur du développement des six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad).

Un financement structuré en deux tranches

Le soutien de la BEAC se concrétisera par un décaissement échelonné :

  • 40 milliards de FCFA en 2025 pour des projets immédiats.
  • 80 milliards de FCFA en 2026 afin de pérenniser l’impact.

Ce financement s’inscrit dans le cadre d’une facilité de compte courant, portant le total des liquidités injectées par la BEAC à 240 milliards de FCFA. Une enveloppe destinée à améliorer la santé financière de la BDEAC et à élargir son portefeuille de projets, qu’ils soient portés par des États ou des acteurs privés.

Un levier pour les investissements productifs

Outre cette enveloppe, la BDEAC bénéficie déjà d’une ligne de refinancement de 150 milliards de FCFA, accessible via un guichet BEAC dédié aux investissements structurants. Par ailleurs, la BEAC, actionnaire majoritaire de la BDEAC, a récemment augmenté sa participation au capital à 501,45 milliards de FCFA, confirmant son rôle pivot dans la stabilité financière régionale.

Yvon SANA BANGUI a souligné : “Cet accord traduit notre volonté commune d’accélérer l’émergence de la CEMAC. La BDEAC est un partenaire clé pour concrétiser nos ambitions de développement.”

Quels impacts pour la région ?

Les fonds alloués permettront à la BDEAC de :

  1. Financer des infrastructures critiques (routes, énergie, télécommunications).
  2. Soutenir les PME et l’industrialisation, créatrices d’emplois.
  3. Renforcer la résilience économique face aux chocs externes.

Dieudonné EVOU MEKOU a ajouté : “Avec ces ressources, nous prioriserons des projets transformateurs, alignés sur les stratégies nationales et régionales.”

Une synergie institutionnelle renforcée

Cet avenant s’ajoute à une série de mesures coordonnées entre les deux institutions, dont :

  • Le mécanisme de garantie partielle de la BEAC pour les prêts BDEAC.
  • Le fonds spécial pour l’innovation dans les secteurs agricole et numérique.

Les analystes saluent cette dynamique, tout en appelant à une gouvernance rigoureuse pour éviter les détournements.

Perspectives et défis

Si l’annonce est saluée, des questions subsistent sur :

  • L’efficacité du déploiement des fonds dans des économies parfois fragiles.
  • La coordination avec les banques commerciales pour amplifier l’effet de levier.

La BEAC et la BDEAC promettent des audits réguliers et une communication transparente pour rassurer les partenaires techniques.

Un pas de plus vers l’intégration

Cet accord de 120 milliards de FCFA marque une avancée majeure pour la CEMAC. Il illustre la détermination des institutions sous-régionales à mutualiser leurs moyens pour une croissance inclusive. Reste à transformer l’essai sur le terrain, dans un environnement global incertain.

À suivre : La prochaine réunion des ministres des Finances de la CEMAC, prévue en octobre 2025, abordera la mise en œuvre concrète de ces financements.


Kouatchoua Ghislaine Diane, correspondante à Yaoundé

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