Yaoundé, le 06 septembre 2025 – Un Conseil National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) s’est tenu ce jour dans la capitale, Yaoundé, sous la présidence de Mamadou Mota. Des décisions stratégiques majeures en sont ressorties, dessinant une nouvelle feuille de route pour le parti et ses militants en vue des prochaines échéances électorales, notamment la présidentielle.
La première résolution, et sans doute la plus significative, marque un tournant dans la stratégie du parti. Le MRC a officiellement annoncé qu’il soutiendra un candidat issu d’une coalition formée entre « au moins deux partis importants » pour l’élection présidentielle à venir. Cette décision consacre une volonté d’union et de rassemblement de l’opposition, une stratégie longtemps appelée de ses vœux par de nombreux observateurs et militants. Elle suggère que le MRC privilégie désormais la construction d’une alternative crédible et unie face au pouvoir en place, plutôt qu’une candidature solitaire. Les prochaines semaines seront cruciales pour voir se concrétiser cette coalition et identifier le candidat commun qui portera ses couleurs.
La deuxième résolution adoptée à l’unanimité par les membres du Conseil national témoigne de l’attachement viscéral des militants à leur leader. Tous se sont déclarés « favorables au retour du président, le Pr Maurice Kamto, au MRC ». Cette motion souligne son rôle central et incontesté au sein du mouvement, malgré les périodes de turbulence. Elle est interprétée comme un signal fort de l’unité et de la détermination de la base, qui appelle de ses vœux le retour officiel de sa figure emblématique à la tête de l’appareil partisan pour conduire la bataille à venir.
Enfin, troisième point clé de ce conclave, le MRC a acté sa participation aux élections législatives et municipales. Cette décision met fin à plusieurs années de boycott de tout scrutin, une stratégie de contestation radicale qui avait marqué la ligne du parti. Elle indique une volonté de réengagement dans le jeu institutionnel, probablement pour peser de l’intérieur et porter la voix de l’opposition au sein des assemblées.
Ce Conseil National marque donc une évolution notable de la doctrine du MRC. Le parti semble opter pour une stratégie à deux volets : le retour à une participation électorale active pour les scrutins locaux et parlementaires, couplé à une recherche d’alliance large et inédite pour l’élection suprême. La question centrale qui subsiste est de savoir si le Pr Maurice Kamto, plébiscité par ses militants, sera lui-même le candidat de cette grande coalition ou s’il endossera un autre rôle. Une chose est sûre : le paysage politique camerounais entre dans une phase de recomposition intense, et le MRC vient d’en devenir un acteur pivot.
Emmanuel Ekouli

Vivement pour le respect de la démocratie , des droits et libertés des formations politiques au Cameroun