Mfou, Cameroun – Une lueur d’espoir et de justice perce enfin dans un dossier qui semblait voué à l’oubli. Le présumé auteur du viol en flagrant délit d’une fillette de 13 ans, doublement handicapée, a été interpellé et déféré à la prison de Mfou. Cette arrestation, survenue après des mois d’inquiétude et une forte indignation, marque un tournant décisif dans un combat judiciaire et humain poignant.

Le drame s’est déroulé au lieu-dit Nsimalen, impliquant une victime dont la vulnérabilité souligne la monstruosité des faits. Agée de seulement 13 ans, la survivante est une enfant déplacée interne, confrontée à un double handicap moteur et hémiplégique. C’est sur cette vie déjà fragile qu’un homme de 67 ans aurait prélevé sa proie. Un acte d’une brutalité inouïe qui a plongé sa famille dans un désarroi absolu.

Pendant trois longs mois, le dossier est resté en souffrance au Tribunal de Première Instance de Mfou. La mère de l’enfant, désemparée et « ne sachant pas à quel sein se vouer » selon ses propres termes, naviguait dans le dédale judiciaire sans guide. L’espoir est revenu grâce au référencement de la délégation régionale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) et à l’intervention rapide de Me Wouami Mbatang Bertile, présidente de l’Association APDDH-Assistance.

Alertée, l’avocate s’est immédiatement rendue sur place pour exhumer un dossier qui menaçait de s’enliser. Après de multiples diligences, le constat fut établi : l’affaire était entre les mains du juge d’instruction n°6. L’audition de la partie civile a été le moment d’une vive indignation. Comment le présumé agresseur, confronté à des charges aussi accablantes, pouvait-il encore jouir de sa liberté, laissant planer une menace et ajoutant l’insécurité à l’immense traumatisme ?

Face à cette incohérence, l’interpellation de la défense a porté ses fruits. Le magistrat a promis d’agir « illico presto » pour mettre fin à cette situation intolérable. Promesse tenue : l’individu a été appréhendé et écroué, une première victoire pour la survivante et ceux qui se battent à ses côtés.

Cette indignation est d’autant plus légitime que le calvaire de cette famille ne se limite pas au seul drame du viol. Elle doit déjà composer avec une précarité extrême, peinant à subvenir aux besoins éducatifs et surtout rééducatifs de la jeune fille. À cette détresse quotidienne s’ajoutaient désormais les lourdes contraintes judiciaires, un poids insupportable pour des épaules déjà si fragiles.

L’interpellation est une bonne nouvelle, un signal fort que l’impunité n’est pas une fatalité, même pour les crimes les plus abjects commis contre les plus vulnérables. C’est le résultat du courage d’une mère, de l’efficacité des réseaux de protection comme le Minproff, et de l’engagement infaillible de la société civile, incarnée par l’APDDH-Assistance.

Le combat est loin d’être terminé. Il se poursuivra devant les tribunaux pour que la justice soit pleinement rendue à cette enfant. Mais aujourd’hui, un cap crucial a été franchi. Cette arrestation rappelle que face à la barbarie, la mobilisation et la persévérance peuvent faire pencher la balance du côté de la dignité et du droit.

Kouatchoua Ghislaine Diane

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