L’histoire s’écrit souvent la nuit. Dans le stade vibrant d’une capitale étrangère, sous les projecteurs et le regard du monde entier, les Lionceaux de l’Atlas ont offert au Maroc une nuit magique, gravant à jamais leur nom au panthéon du football mondial. Face à la redoutable Albiceleste, le Maroc U20 de Mohamed Ouahbi a remporté sa première Coupe du Monde dans la catégorie (2-0), porté par l’éclatant doublé de son héros, Yassir Zabiri.

Une démonstration de maîtrise et de froidise

Dès les premières minutes, la finale avait des allures de choc. D’un côté, l’Argentine et son palmarès, de l’autre, le Maroc et son incroyable audace. Il n’aura fallu qu’une poignée de secondes de pure génie pour faire basculer le destin. À la 12e minute, Yassir Zabiri se présente face à un coup franc situé à l’entrée de la surface. D’une frappe enroulée, d’une pureté technique absolue, il crucifie le gardien argentin Barbi, qui ne voit que le ballon frôler son poteau avant de trembler les filets. Le Maroc mène, et la confiance inonde immédiatement le jeu des protégés de Ouahbi.

La leçon n’était pas terminée. À la demi-heure de jeu, sur un pressing héroïque et un centre millimétré de l’excellent Maamma, Zabiri surgit tel un météore pour reprendre le ballon de volée. La balle, frappée avec une justesse et un instinct de grand soir, file une nouvelle fois au fond des filets. Le stade explose, le Maroc mène 2-0 et l’Argentine, sonnée, semble déjà au bord du gouffre.

Une défense de fer et un collectif héroïque

Avec ce doublé confortable, les Lionceaux n’ont pas cédé à la frénésie. Au contraire. Ils ont délivré une démonstration tactique d’une maturité stupéfiante. La défense, menée par un Ibrahim Gomis impérial dans ses cages, n’a laissé que des miettes aux attaquants sud-américains. Le grand espoir argentin Prestianni a été réduit au silence, étouffé par un bloc marocain compact, discipliné et d’une lucidité remarquable.

Les rares occasions argentines, comme la volée de Silvetti qui a frôlé le poteau (44e) ou la tête timide de Ramirez en fin de match (90e), n’ont jamais véritablement mis en péril la sérénité des hommes en rouge. Maamma, auteur d’une prestation de très haut niveau, aurait même pu alourdir le score avant la pause sans une parade de son homologue Barbi (45e+5).

Une page d’or pour le Maroc et l’Afrique

Cette victoire n’est pas un hasard. Elle couronne un parcours exemplaire, ponctué de victoires de prestige contre le Brésil, l’Espagne en demi-finale, et donc l’Argentine en finale. Seul le Mexique était parvenu à les battre en phase de poules, dans un match sans enjeu, et la France ne les avait départagés qu’aux tirs au but en huitièmes de finale.

Ce triomphe historique est bien plus qu’un titre. C’est le deuxième sacre mondial U20 pour le continent africain après le Ghana en 2011, et il consacre avec force la renaissance éclatante du football marocain, sur tous les fronts. Après la demi-finale historique de l’équipe A au Qatar 2022 et la médaille de bronze olympique en 2024, les Lionceaux viennent de prouver que l’avenir du football marocain est déjà là, qu’il est brillant et qu’il n’a pas fini de faire parler de lui.

Ce soir, Yassir Zabiri est le héros. Mais cette couronne mondiale est l’œuvre de tout un collectif, d’un staff et d’une génération dorée qui a offert une leçon de courage, de talent et d’humilité. Les Lionceaux sont sur le toit du monde, et tout le Maroc rugit de bonheur avec eux.

Emmanuel Ekouli

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