Rome, 23 octobre – Dans un geste fort chargé de symbolisme, le roi Charles III et la reine Camilla ont été reçus ce jeudi au Vatican par le pape François pour une visite d’État qualifiée d’« historique » par les deux parties. Cette journée, soigneusement chorégraphiée, a placé au premier plan les thèmes chers aux deux souverains : le dialogue œcuménique et la sauvegarde urgente de la Création, un sujet sur lequel le monarque britannique et le pontife argentin affichent une convergence de vues remarquable.

Un accueil protocolaire et un entretien privé

La journée a débuté à 10h45 dans la Cour Saint-Damase du Palais apostolique, où le couple royal a été accueilli avec les honneurs dus à son rang. À 11 heures précises, le roi Charles a retrouvé le pape François dans l’intimité de la bibliothèque privée pour une audience qui s’est annoncée comme bien plus qu’une simple formalité diplomatique. Les échanges ont probablement porté sur leur engagement commun pour l’environnement, un combat qui dépasse les clivages confessionnels.

L’écologie intégrale au cœur du dialogue

L’après-midi a mis en lumière la dimension parallèle et complémentaire de leurs engagements. Tandis que la reine Camilla découvrait les fresques de la Chapelle Pauline, le roi s’entretenait longuement avec le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège. Ces discussions en coulisses ont sans doute permis d’aborder des questions géopolitiques pressantes, tout en consolidant le partenariat stratégique entre le Saint-Siège et le Royaume-Uni.

Un moment œcuménique inédit à la Sixtine

Le point d’orgue spirituel de cette visite fut sans conteste la prière œcuménique pour la sauvegarde de la Création, célébrée à 12h10 dans l’emblématique Chapelle Sixtine. Un moment rare : le pape François et l’archevêque d’York, Stephen Cottrell, plus haut prélat de l’Église d’Angleterre après l’archevêque de Canterbury, ont prié côte à côte. La présence du roi Charles, en sa qualité de Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, conférait à ce rendez-vous une portée symbolique exceptionnelle. Elle a incarné, comme rarement auparavant, la quête d’une « écologie intégrale » qui unit plutôt qu’elle ne divise. Cette liturgie a été suivie d’une rencontre avec des acteurs engagés dans la mise en œuvre de l’encyclique Laudato si’, dont on célèbre justement le dixième anniversaire cette année.

Le titre de « Royal Confrater » : un honneur et un engagement

La visite s’est achevée sur un autre geste hautement symbolique. À 14h45, en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, lieu de sépulture de l’apôtre des Nations, le roi Charles s’est vu conférer le titre honorifique de « Royal Confrater » de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre. Cette distinction, qui souligne son attachement aux valeurs chrétiennes et son rôle de pèlerin, est venue parfaitement clore une journée placée sous le thème du Jubilé « Pèlerins d’espérance ».

Au-delà du faste protocolaire, cette visite d’État restera comme un jalon important dans le rapprochement entre l’Église catholique et l’Église anglicane. Elle a démontré que face aux défis planétaires, en particulier la crise écologique, les anciennes divisions confessionnelles peuvent s’estomper au profit d’une action commune et d’une espérance partagée.

Ndongo Tsala Christophe

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