La communauté en exil dénonce la répression post-électorale et appelle à manifester devant l’ambassade

Bruxelles, le 16 décembre 2025 — Sous un ciel hivernal bruxellois, une autre réalité, bien plus sombre, occupe l’esprit de la diaspora camerounaise. Révoltée par la mort en détention du leader politique Anicet Ekane, elle organise une conférence de presse ce jeudi et une marche vers l’Ambassade du Cameroun samedi, pointant du doigt un « crime d’État » qu’elle impute au régime du président Paul Biya.

La colère qui gronde en Belgique trouve sa source dans la présidentielle du 12 octobre dernier et ses conséquences immédiates. La coalition de l’Union pour le Changement 2025 (UPC-2025) affirme que la victoire légitime de son candidat, Issa Tchiroma, a été confisquée par un « coup de force électoral ». Selon les communiqués de la diaspora, cette confiscation a été suivie d’une répression violente : arrestations de leaders de l’opposition et la mort de « plus de cinquante personnes » lors de manifestations.

La mort d’un symbole
Au cœur de la tourmente se trouve le décès d’Anicet Ekane,survenu le 1er décembre. Président du parti MANIDEM et figure de l’UPC-2025, il était détenu depuis le 24 octobre. Sa mort n’est pas présentée comme un fait divers, mais comme un assassinat politique.

· Privation de soins : Plusieurs sources affirment qu’Anicet Ekane, souffrant de pathologies chroniques, s’est vu refuser l’accès à son extracteur d’oxygène, un appareil médical vital.
· Une accusation grave : La diaspora et le parti UPC dénoncent un « refus délibéré de soins médicaux par les autorités militaires », qualifiant cet acte de « crime d’État » et de « barbarie ».
· Réactions internationales : Cette affaire dépasse les frontières. La Délégation de l’Union européenne au Cameroun a exprimé sa « profonde tristesse », appelé à une enquête et réclamé la libération des prisonniers politiques.

Face à face des versions
Un contraste saisissant existe entre le récit de l’opposition et la version officielle.

Version de la diaspora & de l’opposition

· Circonstances du décès : Refus délibéré de soins ; confiscation d’un extracteur d’oxygène vital.
· Qualification : Assassinat politique ; crime d’État.
· Contexte : Répression post-électorale violente suite à une élection frauduleuse.
· Source principale : Communiqués du parti UPC-MANIDEM et de la diaspora.

Version officielle (gouvernement camerounais)

· Circonstances du décès : Décès dû à des pathologies chroniques ; suivi médical assuré en coordination avec ses médecins.
· Qualification : Ouverture d’une enquête pour établir les faits.
· Contexte : Non évoqué dans le communiqué rapporté.
· Source principale : Communiqué du ministre de la Défense.

L’appel à l’action depuis Bruxelles
Refusant le silence,la diaspora camerounaise de Belgique passe à l’action. Elle a convié la presse ce jeudi 18 décembre au Press Club Brussels Europe, où devraient s’exprimer la sœur d’Anicet Ekane, l’artiste engagé Valsero et la porte-parole du président élu Issa Tchiroma, Me Alice Nkom.

Le point d’orgue sera la marche populaire de samedi 20 décembre. Partant à 13h30 de la Place Vanderkindere, le cortège se dirigera vers l’Ambassade du Cameroun pour y déposer une indignation qui, selon les organisateurs, est celle de tout un peuple trahi dans son choix démocratique.

Alors que Bruxelles se pare pour les fêtes, un autre rassemblement, porté par la douleur et la détermination, rappellera que les luttes pour la démocratie et la dignité humaine n’ont pas de frontières.

Emmanuel Ekouli

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