C’est une petite révolution pour le football africain. À la veille du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a annoncé un changement historique : la Coupe d’Afrique des Nations abandonne son rythme biennal pour un cycle de quatre ans à partir de 2028.

Cette décision, officialisée lors d’une conférence de presse à Rabat, marque la fin d’un modèle en vigueur depuis la première édition en 1957.

Une volonté d’harmonisation mondiale

Selon Patrice Motsepe, cette réforme structurelle répond à un objectif principal : harmoniser le calendrier du football africain avec celui du reste du monde. En adoptant un rythme quadriennal, similaire à celui de l’Euro ou de la Coupe du monde, la CAF cherche à éviter les chevauchements avec d’autres compétitions majeures et à offrir aux sélections nationales plus de temps pour une préparation optimale.

Le calendrier confirmé est le suivant :

· CAN 2027 : Maintien de l’organisation conjointe par l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie.
· CAN 2028 : Première édition sous le nouveau cycle quadriennal.
· Cycle futur : La compétition se tiendra ensuite en 2032, 2036, etc..

La naissance d’une Ligue des Nations africaine

Pour compenser la réduction du nombre de matchs de haute intensité, la CAF a simultanément annoncé la création d’une Ligue des Nations africaine, inspirée du modèle européen. Cette nouvelle compétition annuelle, qui débutera en 2029, vise à garantir des revenus et des rencontres compétitives tout au long de l’année.

Patrice Motsepe a présenté cette ligue comme un levier essentiel pour le développement du football sur le continent, promettant “plus de prize money, plus de ressources, plus de compétition” et impliquant les 54 nations membres de la CAF.

Un bouleversement aux motivations multiples

Au-delà de l’alignement calendaire, cette refonte répond à plusieurs défis :

· Préparation des équipes : Un cycle plus long doit permettre aux sélections de mieux se préparer.
· Stabilité financière : Historiquement, la CAN était le principal pourvoyeur de fonds. La Ligue des Nations doit désormais assurer des revenus annuels.
· Développement des infrastructures : Les ressources dégagées doivent contribuer à bâtir des stades de classe internationale dans chaque pays.

Ce changement majeur, s’il aligne l’Afrique sur les standards internationaux, marque la fin d’une spécificité continentale. Son succès dépendra maintenant de la capacité de la nouvelle Ligue des Nations à maintenir l’intérêt et les finances du football africain pendant les intervalles plus longs entre chaque CAN.

Emmanuel Ekouli

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