Les demi-finales ont parlé. Ou plutôt, elles ont murmuré à travers un brouillard de prudences, de crispations et de silences embarrassés. Le Sénégal et le Maroc ont composté leur billet pour la finale, laissant l’Égypte et le Nigeria au seuil d’un rêve avorté.
Sportivement, le résultat est défendable. Symboliquement, il est inflammable.
Car la présence du Maroc, pays hôte, au dernier acte de cette CAN 2025, n’éteint pas les controverses : elle les fossilise. Chaque décision arbitrale passée, chaque pénombre réglementaire, chaque indulgence procédurale devient désormais pièce à conviction dans le grand procès de l’équité continentale.
Le Sénégal, lui, avance comme un bloc de granit tactique, austère, presque monacal, indifférent aux remous périphériques. Une équipe qui gagne sans bruit, qui élimine sans tapage, et qui s’installe en finale par la seule force de sa cohérence.
La finale Sénégal–Maroc s’annonce donc comme un duel asymétrique : d’un côté, la constance méthodique ; de l’autre, l’ivresse nationale d’un hôte porté par son public… et par une compétition qui a parfois confondu hospitalité et indulgence.
Ce match ne départagera pas seulement deux sélections. Il arbitrera deux récits : celui d’un football qui se veut rigoureux, et celui d’un football qui s’accommode trop souvent de ses propres zones grises.
Dimanche, on désignera un champion.
Mais l’histoire, elle, jugera la manière
Mireille Ngosso
