Le léger report des élections municipales et législatives, prévues au premier trimestre de cette année, est pointé du doigt. Plusieurs personnalités du monde politique et intellectuel dénoncent une manœuvre du pouvoir de Yaoundé pour. Des journalistes, qui suivent de près l’actualité politique nationale, sont convaincus que ce report est un subterfuge dont le but est de ligoter le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le parti de Maurice Kamto, principal opposant du président Paul Biya.
Dans un texte largement partagé dans les salles de rédaction du pays, on peut lire : « ce nouveau renvoi peut être une opération visant à se donner le répit pour régler l’équation MRC, qui malgré les défauts
dénoncés du système électoral, a clairement affirmé depuis 2023 devoir participer à toutes les élections au suffrage universel direct ».
Officiellement, le MRC n’a pas commenté ce report. Mais tout laisse bien penser que le parti de Maurice Kamto se prépare à participer à ces élections municipales et législatives après avoir été absent lors des précédentes élections de 2020. Aïssatou Bouba Dalil, une proche de Maurice Kamto, a déjà indiqué que « le MRC n’a pas vocation à devenir un parti de boycott ».
Mais à en croire Paul Biya lui-même, ce léger changement dans le calendrier électoral n’a rien contre le MRC. Quand il a annoncé ce report, le 10 février dernier, dans son discours à la jeunesse, il a expliqué : « le calendrier afférent à ces dernières (les municipales et les législatives) devrait, au vu de certaines contraintes impérieuses, connaître un léger réajustement, dans le respect des dispositions pertinentes de nos lois, et tout particulièrement de la Loi fondamentale ». Il ne s’est pas toutefois épanché sur ces « contraintes impérieuses ».
Jean-Michel Bios
