Visiblement, la page ne s’est pas encore retournée sur la dernière élection présidentielle du côté du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) du député Cabral Libii. William Bayiha, l’un des conseillers de Cabral Libii, vient de rendre public une analyse sur la fraude électorale en Afrique, qui en dit long sur la perception qu’il a de la dernière présidentielle au Cameroun. A en croire ce dernier, la défaite de l’opposition n’est pas saine. Au contraire. William Bayiha laisse implicitement penser que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) de Paul Biya a fraudé.

A en croire ce proche conseiller de Cabral Libii, la fraude n’est pas seulement le bourrage des urnes comme beaucoup le pense. « Il faut donc cesser de réduire la fraude électorale au seul bourrage des urnes ou à la falsification des procès-verbaux », écrit William Bayiha. Pour lui, le vol des élections est une réalité bien plus complexe, qui se manifeste par une palette de manœuvres visant à manipuler le processus électoral pour conférer une légitimité usurpée à des dirigeants non élus.
Il cite : le contrôle des inscriptions sur les listes électorales, le découpage des circonscriptions, l’infiltration des organes électoraux, la mainmise sur les médias, l’achat des consciences, ou encore l’instrumentalisation des clivages communautaires. Et selon lui, ces méthodes héritées d’un système habitué à fabriquer des leaders locaux continuent d’opérer.

Milice médiatique

L’auteur de cette analyse insiste aussi sur l’émergence de nouvelles formes de fraude, menées par d’autres acteurs, souvent d’anciens barons du régime devenus opposants sur un coup de tête. A en croire William Bayiha, ces « opposants-puissants » ne cherchent pas à conquérir le pouvoir démocratiquement, mais à « pirater le système électoral » en organisant un bruit politique incessant. Ce vacarme permanent empêche tout débat sérieux sur les enjeux nationaux, privant l’électeur des conditions minimales pour évaluer la compétence des candidats.

L’auteur décrit aussi les attaques ad hominem, la stigmatisation et la victimisation communautaire, la création de « milices médiatiques et cybernétiques ». Dans ce climat, des jugements sans fondement circulent, désignant un candidat comme « bon » et un autre comme « traître », sans jamais avancer le moindre argument. Sans aucun doute, les responsables du PCRN pensent que leur champion Cabral Libii a été la principale victime de cette méthode repréhensible lors de la dernière élection présidentielle. Des rumeurs accusent le député d’entretenir une proximité avec le RDPC au pouvoir. Il est actuellement accusé d’avoir touché la rondelette somme de un milliard de FCFA pour accepter le verdict des urnes contestés par les militants et soutiens de Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième derrière Paul Biya. Autant d’accusations qui passent mal chez William Bayiha et auprès de ses camarades de parti.

Jean-Michel Bios

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