Yaoundé – Le Cameroun vient de franchir une étape majeure dans la modernisation de ses infrastructures numériques. Par un décret présidentiel signé ce vendredi 06 mars 2026, le chef de l’État a autorisé le déblocage d’un financement colossal, exclusivement destiné à l’extension du backbone national de télécommunications.
Le texte, publié dans la soirée, habilite le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) à signer un accord de prêt avec l’institution financière chinoise EXIMBANK-China. Le montant total de l’enveloppe s’élève à 1 350 963 161,10 Yuans RMB, soit environ 108,3 milliards de FCFA. Cette somme conséquente servira à financer la Phase IV du Projet d’extension du backbone national de transmission par fibre optique.
Densifier le réseau pour accélérer la transformation digitale
Ce projet s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par l’État pour doter le pays d’une infrastructure numérique robuste et résiliente. Le backbone national, véritable “épine dorsale” des télécommunications, est le support physique qui permet le transport des données à très haut débit sur l’ensemble du territoire.
Cette quatrième phase vise spécifiquement à densifier ce réseau. Il ne s’agit plus seulement de relier les grands centres urbains, mais d’irriguer des zones plus reculées et de créer des boucles de redondance pour sécuriser le trafic internet. En clair, l’objectif est d’augmenter considérablement la capacité du réseau existant, d’améliorer la qualité de service et de garantir une connexion plus stable, même en cas de forte affluence.
Vers une réduction des coûts et une inclusion numérique
Au-delà de l’aspect purement technique, ce décret présidentiel porte une vision économique et sociale forte. En multipliant les points de présence et en facilitant l’accès aux infrastructures, le gouvernement entend casser les barrières qui freinent aujourd’hui le développement du numérique au Cameroun.
Avec un réseau plus dense, les fournisseurs d’accès à Internet pourront étendre leur couverture et, à terme, proposer des offres plus compétitives. La réduction des coûts d’accès aux données est un enjeu clé : elle permettrait aux ménages de s’équiper, mais surtout aux entreprises, petites et grandes, de pouvoir innover et intégrer les outils digitaux dans leurs processus de production. L’administration publique elle-même pourra accélérer la dématérialisation de ses services pour les rendre plus accessibles aux citoyens.
Un levier pour l’émergence économique
Ce nouvel investissement de 108 milliards de FCFA est perçu par les experts comme un signal fort envoyé aux investisseurs. Il ancre le Cameroun dans sa stratégie nationale de développement numérique, un pilier essentiel de la feuille de route gouvernementale pour l’horizon 2030. En consolidant les fondations de son économie numérique, le pays se donne les moyens de ses ambitions : devenir un hub technologique compétitif en Afrique centrale.
L’accord avec EXIMBANK-China, dont les modalités de remboursement n’ont pas encore été détaillées, devrait être paraphé dans les prochains jours par le MINEPAT. Les travaux de cette phase IV, très attendus par les opérateurs et les consommateurs, pourraient débuter avant la fin de l’année, marquant ainsi un nouveau palier dans la transformation digitale du Cameroun.
Christophe Ndongo Tsala
