Mesdames et messieurs, tenez-vous bien : après 5 ans, 7 mois et 8 jours d’attente, le fameux Conseil Supérieur de la Magistrature est convoqué ce mercredi 18 mars 2026 au Palais de l’Unité.
Oui… vous avez bien entendu : cinq ans, sept mois et huit jours.
Autant dire une éternité judiciaire.
Dans certains pays, en cinq ans on juge un dossier. Chez nous, en cinq ans, on convoque une réunion pour décider qui va juger les dossiers.
Le chef de l’État, Paul Biya, que certains appellent affectueusement le “Grand Maître des Horloges”, a donc décidé de remonter la pendule de la magistrature camerounaise. Et il était temps : entre les magistrats partis à la retraite, ceux qui ont rendu l’âme et ceux qui ont simplement rendu leur robe… les tribunaux fonctionnaient parfois comme un taxi sans chauffeur.
Les jeunes loups vont enfin sortir de la cage
Première opération annoncée : l’intégration des nouvelles promotions de l’École nationale d’administration et de magistrature.
Ces jeunes magistrats attendent leur premier poste depuis si longtemps que certains ont déjà eu le temps de :
refaire trois CV, ouvrir un petit commerce,
et peut-être même apprendre la patience… qui est finalement la première vertu pour travailler dans la justice camerounaise.
Deuxième acte : les nominations.
Procureurs, présidents de cours d’appel, chefs de juridictions… bref, le grand ballet administratif.
Au Cameroun, ce moment ressemble souvent à une finale de coupe d’Afrique :
tout le monde regarde, tout le monde commente…et à la fin, certains gagnent un bureau climatisé pendant que d’autres découvrent les joies d’un tribunal sans électricité.
Le moment que certains redoutent
Troisième volet : la discipline.
Là, le suspense est total.
Qui sera sanctionné ?
Qui sera blanchi ?
Et surtout… qui sera simplement muté pour oublier l’affaire ?
Dans notre pays, la justice disciplinaire a parfois un talent particulier : transformer les scandales en déplacements administratifs.
Le miracle attendu
Officiellement, ce Conseil doit redonner un souffle à la justice, accélérer les procédures et désengorger les prisons.
C’est un peu comme annoncer la saison des pluies dans le Sahel :
tout le monde espère que l’orage sera fort…
mais les Camerounais savent qu’il arrive souvent avec quelques gouttes symboliques.
Car la vraie question n’est peut-être pas :
Qui sera nommé ?
La vraie question est plutôt :
la justice camerounaise sera-t-elle enfin indépendante… ou simplement réorganisée ?
En attendant, les justiciables, eux, regardent l’horloge.
Et dans ce pays où la justice aime prendre son temps, ils se demandent déjà si le prochain Conseil ne sera pas convoqué… avant ou après la prochaine décennie.
Charles Chacot Chime
