Le football est mort. Assassiné. Poignardé dans le dos par ceux-là mêmes qui étaient censés le protéger. Ce mardi 17 mars 2026, la Confédération Africaine de Football (CAF) et son alliée silencieuse, la FIFA, viennent de signer l’arrêt de mort de la crédibilité sportive sur le continent. Le verdict du Jury d’Appel est tombé comme un couperet : le Sénégal est dépossédé de sa finale, et le Maroc est sacré champion d’Afrique… sur procès-verbal.
Que les amateurs de beau jeu, de sueur et de passion rangent leurs maillots. Désormais, les titres ne se gagnent plus sur le rectangle vert, dans l’effort et le sacrifice, mais dans la moiteur des couloirs feutrés des comités. Le prétexte ? Une application “stricte” des articles 82 et 84. La réalité ? Un hold-up légalisé.
Revenons sur les faits, pour que l’histoire retienne l’ampleur de la mascarade. Le Sénégal, champion en titre, a rendu une copie aboutie sur le terrain. Mais la CAF, sous la pression évidente de ses commanditaires royaux, a trouvé la faille. On nous parle d’une “infraction caractérisée” de la Fédération Sénégalaise. Laquelle ? Mystère. Ou plutôt, un prétexte administratif aussi mince qu’une ligne de hors-jeu invisible, brandi comme un étendard pour justifier l’injustifiable.
Pendant ce temps, regardez le traitement de faveur réservé au pays hôte. On nous vend une décision “équitable”, mais il faut avoir un sérieux penchant pour l’aveuglement volontaire pour ne pas voir le deux poids, deux mesures.
Ismaël Saibari, le joueur marocain, voit sa suspension réduite à une peine de paille avec sursis, et son amende de 100 000 USD purement et simplement annulée. Comme par magie, les fautes s’effacent quand on porte le bon maillot. Pendant ce temps, le Sénégal, lui, est privé d’un titre durement acquis.
Et que dire de la gestion pathétique des débordements marocains ? Les ramasseurs de balle, transformés en onzième homme pour ralentir le jeu ? Une simple tape sur les doigts avec une amende réduite de moitié. Les lasers, braqués comme des armes dans les yeux des joueurs sénégalais ? Une amende dérisoire de 10 000 dollars, une broutille pour une fédération richement dotée. La seule sanction maintenue concerne les interférences autour de la VAR, comme si on punissait un employé subalterne tout en blanchissant le commanditaire.
Ce “sacre sur tapis vert” est une insulte à chaque enfant des quartiers populaires de Dakar, de Thiès ou de Pikine qui rêve de soulever un trophée à la sueur de ses pieds. C’est un crachat à la face de Sadio Mané et de ses coéquipiers, qui ont livré une bataille homérique.
La CAF, sous la houlette de son président, vient de prouver qu’elle n’est qu’une coquille vide, une officine politique aux ordres des puissances financières du nord du continent. Quant à la FIFA, son silence assourdissant est une signature en bas du chèque. En restant muette, elle valide le précédent le plus dangereux de l’histoire du football moderne : celui où la loi du plus fort remplace la loi du jeu.
Ce n’est pas une victoire. C’est un vol à main armée. Ce n’est pas une décision de justice, c’est un coup d’État sportif. Le football africain sort exsangue de cette sinistre mascarade. On a voulu couronner un roi, on a surtout dévoilé un système.
Le trophée sera remis, les images feront le tour du monde. Mais à jamais, il sera écrit en lettres de honte que le Maroc est champion d’Afrique 2025. Et à jamais, les vrais amoureux du ballon rond sauront que le véritable vainqueur, celui qui a transpiré sur le terrain, s’appelait le Sénégal. Ce 17 mars 2026 restera comme le jour où la CAF a préféré tuer le football plutôt que de le laisser vivre.
Emmanuel Ekouli
