La lutte juridique internationale contre les réseaux séparatistes ambazoniens franchit un cap décisif. Barrister Emmanuel Nsahlai, avocat camerounais basé aux États-Unis et président du cabinet Nsahlai Law Firm, a lancé une nouvelle offensive juridique et diplomatique visant des opératifs ambazoniens présumés établis au Royaume-Uni, au Canada et en Afrique du Sud. Une campagne qui s’inscrit dans le cadre de sa stratégie 3D : perturber, démanteler et vaincre les réseaux basés à l’étranger, accusés de financer, diriger et soutenir les violences contre les civils au Cameroun.

Une démarche à plusieurs niveaux

La méthode Nsahlai se distingue par sa multiplicité des canaux de saisine. L’avocat n’a pas limité ses actions à une seule juridiction : il a saisi simultanément les services de police et antiterroristes britanniques, canadiens et sud-africains, leurs ambassades à Washington, leurs représentations au Cameroun, ainsi que le Ministère camerounais des Relations Extérieures. Objectif affiché : pousser à l’ouverture d’enquêtes, à la préservation des preuves, au traçage des flux financiers et, lorsque les éléments le justifient, à des arrestations.

Cette approche s’appuie sur des éléments nouveaux issus des affidavits et procédures fédérales américaines. Ces documents, versés dans le cadre de poursuites engagées aux États-Unis contre des réseaux ambazoniens présumés, exposent les mécanismes de financement et de soutien logistique aux violences au Cameroun. En les exploitant devant d’autres juridictions, Nsahlai transforme des dossiers américains en leviers de pression internationaux.

Des résultats tangibles à l’appui

La crédibilité de cette stratégie repose sur des résultats déjà obtenus. Selon Me Nsahlai, des dizaines d’arrestations de leaders et de soutiens financiers ambazoniens ont été réalisées aux États-Unis, en Norvège et ailleurs. Des centaines de plaintes pénales ont entraîné l’ouverture d’enquêtes criminelles multiples, plusieurs millions de dollars de fonds ont été gelés, et des centaines de comptes de réseaux sociaux utilisés pour inciter à la haine ont été désactivés. En Belgique, la justice a récemment arrêté quatre personnes soupçonnées d’avoir financé et dirigé depuis l’Europe les Ambazonia Defence Forces (ADF), en coopération avec la Norvège et les États-Unis.

Une stratégie contestée mais déterminée

La démarche de Nsahlai ne fait pas l’unanimité. Des organisations proches de la diaspora ambazonienne dénoncent une instrumentalisation de la justice américaine au service du régime de Yaoundé, accusant l’avocat d’agir comme un proxy du gouvernement camerounais. Des critiques qui n’entament pas la détermination de l’intéressé, qui revendique une approche « diplomatique, fondée sur la conviction que la lutte contre le terrorisme est une responsabilité commune des nations attachées à la paix ».

Avec cette extension de sa stratégie 3D au Royaume-Uni, au Canada et en Afrique du Sud, Emmanuel Nsahlai entend bien fermer les espaces de refuge dont bénéficieraient, selon lui, les réseaux ambazoniens. Une bataille juridique et diplomatique de longue haleine, dont l’issue dépendra largement de la coopération des États ciblés.

Perturber. Démanteler. Vaincre. La lutte contre les réseaux terroristes ambazoniens se poursuit, désormais sur trois continents.

Emmanuel Ekouli

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