Les dernières décisions du Président National du parti au pouvoir ont porté à la tête de la circonscription politique du département de la Bénoué, monsieur Gabriel Mbaïrobé, non sans l’avoir désigné au préalable membre titulaire du comité central du parti. Sans le savoir, beaucoup ont célébré la clairvoyance du Président Biya eu égard au travail abattu sur le terrain du département par ce ministre avant sa désignation. Aujourd’hui avec la théâtralisation de Issa Tchiroma Bakary et la candidature déclarée de Bello Bouba, Tous comprennent que Paul Biya, avec une longueur d’avance, avait vu venir les choses de loin.
La cérémonie d’installation du Ministre Gabriel Mbaïrobé de l’Agriculture et du Développement Rural comme Chef de la Délégation Départementale Permanente du RDPC pour la Bénoué par le Premier Vice-Président du Sénat, en sa qualité de Chef de la Délégation Régional était un évènement qui a fait date dans toute la Région du Nord. La place des fêtes de la ville de Garoua, qui a servi de théâtre à cette cérémonie Grandeur Nature avait connu une mobilisation rarement vécue. Le discours prononcé ce jour par le Président de la Section RDPC de Béboué Centre I, section hôte, monsieur Alioum Garga, est resté dans les mémoires comme le plus pertinent pour cette circonstance.

Le ministre Gabriel Mbairobé et le lamido de Garoua
Les mots de cette allocution étaient parfaitement bien choisis pour, non seulement démontrer que le Président National, par le choix de Gabriel Mbaïrobé, a procédé au meilleur choix parmi les choix possibles, mais aussi que l’Homme choisi est «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». L’accueil réservé à cette allocution montrait, au-delà des mots que c’est, pour ainsi dire, chacun des militants présents qui se reconnaissait dans ces termes de monsieur Alioum Garga. Il n’aura eu que le mérite de les avoir choisis pour eux-tous. Il disait alors tout haut, ce que chacun d’eux pensait dans son for intérieur. Tous, presque sans exception, se sont identifiés et reconnus dans cette prise de parole.
Les évènements de dernière minute sont venus donner raison à la fois à Paul Biya pour son choix plus que judicieux tant sur l’Homme que sur le timing qui auront été parfaits l’un comme l’autre : la bonne personne au bon moment, mais également au président de la section par les mots de son allocution qui démontraient sans la moindre réserve, l’accueil positif des militants du parti qui semblaient n’attendre rien, moins que cette désignation. Le point crucial paraît être surtout le timing. Aujourd’hui avec un peu de recul, on comprend mieux ce qu’aucun analyste politique n’aurait pu réussir à décrypter, le choix du moment de la nomination.
Le jour de cette cérémonie, un autre évènement également d’importance pourtant bien visible dans le l’intitulé d’annonce parlait de la Présentation des nouveaux membres du Comité Central du RDPC. Cette partie de la cérémonie prend toute son importance quant au choix opéré par le Président National, des personnes coptées à cette instance importante du parti. Une figure inattendue : le Lamido de Garoua. Pour beaucoup, il pouvait passer pour un cheveu dans la soupe, il n’est pas impossible qu’il ait été lui-même surpris par sa cooptation. C’est ici que l’intelligence politique de Paul Biya prend toute son importance.
Pour ce qui est du Ministre Mbaïrobé, cela se comprend plus aisément maintenant: sachant ce qui allait se passer avec ce que fait l’ex ministre Tchiroma et le ministre d’Etat Bello Bouba, pas seulement cela ; mais à partir de cela, tout ce qui va suivre, il fallait du répondant. C’est ici qu’intervient le ministre Gabriel Mbaïrobé. Il est le parfait opposé de Tchiroma en tout chose. Tchiroma est un populiste démagogue, lui, est plus à l’écoute et cherche les solutions concrètes au lieu des mots creux. Tchiroma va aupres des populations quand il veut leur extorquer quelque chose, lui, est avec les populations dès que celles-ci le sollicitent ; Tchiroma parle, lui, agit. Entre les deux, Bello est pratiquement absent, se contentant de son strapontin se ministre d’Etat. Le Président Biya savait à quoi s’en tenir. La désignation du Ministre Mbaïrobé est une affaire parfaitement maîtrisée de bout en bout. Aussi le Ministre Mbaïrobé sait-il maintenant désormais, quelle charge repose sur ses épaules. Le Président Biya n’ignore pas que celui qu’il a choisi pour les tâches qui l’attendent et pour les échéances futures qui se profilent à l’horizon est à la hauteur. Il est à sa place et peut faire face.
Pour ce qu’il en est du Lamido de Garoua, la chose en est toute autre. Personne n’ignore l’activisme qui a été celui du président du FSNC auprès de ce Lamido, quand il voulait se faire désigner au poste de Tchiroma du Lamida de Garoua. La capacité de corruption de cet homme à la barbiche fait de lui quelqu’un à contrôler, face à un jeune souverain qui peut se laisser prendre au jeu de la séduction d’un homme prêt à tout pour arriver à ses fins et surtout, s’il a les moyens en termes trébuchants et sonnants, sans oublier quelques promesses fallacieuses qu’il ne tiendra pas si par exceptionnel le destin lui souriait ? Il fallait mettre le jeune Chef à l’abri de cette boite à promesses non tenues pour qui les mots n’ont de valeur qu’au moment de leur sortie de sa bouche, et après, plus rien. Au jeune Lamido de Garoua de faire son choix. Il devra se savoir en ligne de mire quant à ses choix.
Paul Biya a vu tout cela venir et il a posé des actes précis, mettant l’un et l’autre devant ses devoirs et en fonction des capacités qu’il reconnait à l’un comme à l’autre, et plus encore au Ministre Maïrobé. Les prochains jours vont et doivent lui donner raison, la survie du RDPC dans la Bénoué est à ce prix.
François Ndi
