Un nouveau chapitre s’écrit dans le développement industriel et portuaire du Cameroun. Ce jeudi 24 septembre 2026, le site de Missolè 1, dans la localité de Dibamba, a accueilli la visite de Joseph Dion Ngute, Premier ministre, chef du gouvernement et représentant personnel du Président de la République, venu constater l’avancement des travaux de construction de la Zone de développement des activités portuaires industrielles (ZAIP).
Le chef du gouvernement était accompagné pour l’occasion de plusieurs personnalités clés du secteur des transports et de l’administration territoriale : Cyrus Ngo’o, directeur général de l’Autorité portuaire de Douala, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhé, ministre des Transports, ainsi que Samuel Dieudonné Ivaha, gouverneur de la région du Littoral. Cette délégation de haut niveau témoigne de l’importance stratégique accordée par les autorités camerounaises à ce projet d’envergure.
Une vision née en 2011, désormais en marche
Le projet ZAIP n’est pas né du jour au lendemain. Il puise ses racines dans une vision initiée en 2011, qui a connu une étape symbolique majeure en juillet 2025 avec la pose de la première pierre. Aujourd’hui, l’initiative entre dans une nouvelle phase d’application concrète, marquant le passage des plans à la réalité du terrain.
Selon le calendrier annoncé, la première phase opérationnelle de la zone est attendue pour le troisième trimestre de l’année 2027. L’ambition affichée est claire : accueillir dès cette échéance la première production industrielle sur le site, faisant de Dibamba un nouveau pôle économique structurant pour la région.
Un corridor logistique stratégique
L’un des atouts majeurs de ce projet réside dans la connexion routière et fluviale prévue entre le réseau routier et la rivière Dibamba. Longue de 2,5 kilomètres, cette liaison doit créer un véritable corridor logistique direct, pensé pour désengorger la ville de Douala. Concrètement, cette infrastructure pourrait permettre de maintenir environ 500 camions lourds à l’écart du trafic urbain, un enjeu de taille pour une métropole régulièrement confrontée à des problématiques de congestion et de sécurité routière liées au transport de marchandises.
Au-delà de cet aspect logistique, la ZAIP a été pensée comme un espace de concentration des activités industrielles, permettant d’optimiser les infrastructures existantes et de générer des économies d’échelle significatives pour les entreprises qui s’y installeront.
Un investissement de 230 milliards de FCFA et 15 000 emplois attendus
Sur le plan financier, le projet représente un investissement prévisionnel de 230 milliards de francs CFA. Un montant conséquent qui traduit l’ampleur des ambitions portées par les autorités pour cette zone. À terme, ce sont environ 15 000 emplois directs qui devraient être créés, un apport considérable pour l’économie locale et régionale dans un contexte où la question de l’emploi reste une priorité nationale.
En s’appuyant sur la dynamique du Port de Douala-Bonabéri, le site de Dibamba est appelé à renforcer le rôle de porte d’entrée commerciale que joue déjà cette infrastructure portuaire pour le pays. La zone se positionne ainsi comme un véritable catalyseur du développement industriel et économique dans la région littorale, en complément des activités portuaires traditionnelles.
« De la route à la rivière, de la logistique à l’industrie »
Le Port Autonome de Douala, à travers ses responsables présents sur le site, s’est voulu rassurant quant à la concrétisation de ce vaste chantier. « De la route à la rivière. De la logistique à l’industrie. De la vision à la réalité », résume-t-on du côté de l’autorité portuaire, soulignant la cohérence de la trajectoire suivie par le projet depuis sa conception jusqu’à sa mise en œuvre progressive.
Cette visite du Premier ministre s’inscrit dans une série de déplacements officiels destinés à suivre de près l’exécution des grands projets structurants du pays. Elle traduit également la volonté du gouvernement camerounais de tenir les échéances annoncées et de donner à Dibamba les moyens de devenir, à l’horizon 2027, un maillon essentiel de la chaîne industrielle et portuaire nationale.
Reste désormais à suivre l’évolution des travaux dans les prochains mois, alors que le compte à rebours est officiellement lancé vers la mise en service de la première phase opérationnelle de la zone.
Emmanuel Ekouli
