Deux décrets signés le 2 octobre ouvrent la voie au financement du corridor Douala-Bangui et de la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam.

Le président de la République, Paul Biya, a signé le 2 octobre 2026 deux décrets autorisant le recours à des emprunts extérieurs pour un montant total d’environ 367,2 milliards de FCFA. Les textes habilitent le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) à signer les accords de financement correspondants avec les deux bailleurs concernés. Les fonds sont destinés à deux chantiers routiers présentés comme structurants pour l’économie du pays et de la sous-région.

228 milliards pour le corridor Douala-Bangui

Le premier emprunt, de 228 milliards de FCFA (environ 347,5 millions d’euros), sera contracté auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), institution du Groupe de la Banque mondiale. Il doit financer le Projet du corridor économique Douala-Bangui.

Long d’environ 1 400 kilomètres, cet axe relie la capitale économique camerounaise à celle de la République centrafricaine. Il est jugé stratégique pour l’Afrique centrale : plus de 80 % du commerce extérieur de la RCA transite par cette route, via le port de Douala. Le projet vise à améliorer le transport, les échanges commerciaux et les infrastructures logistiques tout au long du tracé.

139,2 milliards pour la route Douala-Bafoussam

Le second emprunt, de 139,2 milliards de FCFA (environ 212,35 millions d’euros), est consenti par la Banque islamique de développement (BID). Il servira à réhabiliter la Nationale n° 5 entre Bekoko et Bandjoun, soit environ 218 à 219 kilomètres d’un axe qui relie la métropole économique à l’Ouest du pays.

Les travaux seront répartis en plusieurs lots. Le coût global du projet est estimé entre 150 et 180 milliards de FCFA. La BID en prendrait en charge plus de 90 %, le Cameroun apportant le solde au titre de la contrepartie nationale, notamment pour les expropriations et les aménagements locaux. Le financement est prévu sur 20 ans, dont une période de gestation de cinq ans.

Un recours à l’endettement qui se poursuit

Ces décrets font suite à des approbations antérieures des bailleurs : la BID avait validé son financement dès mai 2025. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de recours à l’endettement par le Cameroun pour financer ses infrastructures et combler ses besoins budgétaires.

À ce stade, les accords de financement restent à signer, et les conditions précises des prêts, comme les taux ou l’échéancier de remboursement de la BIRD, ne sont pas détaillées. Reste à suivre le calendrier de lancement des travaux, ainsi que la manière dont le service de cette dette s’articulera avec les contraintes budgétaires de l’État dans les années à venir.

Emmanuel Ekouli

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