Garoua-Boulaï, le 20 septembre 2026. Un contrôle routier s’est transformé en prise exceptionnelle. Au poste fixe de Yokosiré, qui commande l’un des principaux accès à la ville de Garoua-Boulaï, dans la Région de l’Est, la Brigade mobile des Douanes a intercepté un véhicule soupçonné de transporter des marchandises illicites. À bord, les agents ont découvert 25 000 cartouches de chasse. La cargaison avait été répartie dans 25 colis soigneusement camouflés sous des effets militaires. S’y ajoutaient 24 paquets de plombs. Une dissimulation qui, selon les premières constatations, devait permettre de franchir les contrôles sans éveiller l’attention. La fouille minutieuse du véhicule a toutefois permis de mettre au jour l’intégralité du stock.

Le propriétaire du véhicule a été appréhendé sans délai. Il a été remis à l’antenne de la Sécurité militaire du poste-frontière de Garoua-Boulaï. Les services douaniers ont dressé un procès-verbal. La marchandise saisie, ainsi que le véhicule utilisé pour son transport, ont été placés sous scellés. L’opération s’est déroulée sous la supervision du Bureau principal des Douanes hors classe. L’enquête, désormais ouverte, devra déterminer les complicités et les ramifications de ce qui apparaît comme un réseau de trafic de munitions. Les enquêteurs chercheront notamment à établir l’origine de la cargaison, son point de départ, sa destination finale et les éventuels commanditaires.

Le contexte local rend cette saisie particulièrement sensible. Garoua-Boulaï est située à la frontière avec la République centrafricaine. La ville occupe une position stratégique sur les routes commerciales de la sous-région. Chaque jour, des personnes et des marchandises y transitent. Mais ce carrefour est aussi une porte d’entrée pour divers trafics transfrontaliers. Les réseaux criminels tentent d’y faire passer des produits illégaux, parfois au profit de groupes armés ou d’activités de contrebande. La découverte de 25 000 cartouches de chasse et de plusieurs paquets de plombs rappelle donc la pression qui pèse sur les services de contrôle dans cette partie du pays.

Si les cartouches de chasse sont généralement destinées à la chasse ou à la protection des cultures, leur quantité et leur mode de transport clandestin laissent penser qu’elles pouvaient être détournées vers d’autres usages. Les enquêteurs n’excluent aucune piste : approvisionnement de groupes armés, revente sur des marchés illicites ou alimentation de réseaux criminels actifs dans la sous-région. La nature même de la marchandise, composée de munitions et de plombs, impose une vigilance accrue. Chaque étape de la filière devra être reconstituée pour comprendre comment un tel stock a pu circuler jusqu’à ce poste-frontière.

Pour les Douanes camerounaises, cette opération traduit leur détermination à sécuriser les corridors stratégiques et à protéger les populations contre les menaces liées aux trafics illicites. Les autorités entendent renforcer les contrôles afin d’éviter que des munitions ne soient acheminées vers des zones susceptibles de déstabiliser le pays. À Garoua-Boulaï, la saisie est présentée comme un succès majeur. Elle montre cependant que la lutte contre la contrebande de munitions reste un défi de longue haleine. La coopération entre les services de sécurité, mais aussi avec les pays voisins, apparaît indispensable pour remonter les filières et empêcher de nouvelles tentatives. Pour l’heure, le suspect est entre les mains des autorités compétentes et la marchandise demeure sous scellés, le temps que l’enquête livre ses conclusions.

Emmanuel Ekouli

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