
Alors que le Cameroun se prépare pour l’élection présidentielle de 2025, une nouvelle controverse enfle autour du processus électoral : la collaboration entre ELECAM et l’entreprise allemande Veridos, chargée de la gestion du fichier électoral biométrique. À en croire certaines voix de l’opposition et des observateurs critiques, cette alliance ne serait rien de moins qu’un instrument de fraude institutionnalisée au service du régime en place.
Une technologie à la solde d’un système opaque ?
Veridos, spécialiste des solutions d’identité sécurisées, fournit à ELECAM le matériel et les logiciels nécessaires à l’enregistrement des électeurs. Officiellement, cette technologie vise à garantir un fichier électoral fiable et à éviter les doublons. Mais en réalité, qui contrôle vraiment cette base de données ?
Des partis d’opposition, à l’instar du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, dénoncent une manipulation subtile du processus d’inscription. Les lenteurs administratives, les obstacles techniques et le manque de transparence sur la gestion des données électorales seraient autant de moyens pour limiter le nombre d’électeurs considérés comme défavorables au régime. La diaspora, qui a montré une certaine hostilité au pouvoir en place lors des scrutins précédents, serait particulièrement ciblée.
Au-delà de la simple accusation d’une “gestion orientée” du fichier électoral, certains analystes pointent un risque encore plus grand : la falsification des résultats grâce aux outils numériques de Veridos. L’accès restreint aux données par des tiers indépendants, l’opacité des mises à jour du fichier électoral et l’absence de contrôles par des instances internationales nourrissent les soupçons.
Jean Michel Nintcheu, figure critique du régime, met en garde contre une “forfaiture électorale à grande échelle”, où l’outil biométrique ne servirait pas seulement à trier les électeurs gênants, mais aussi à influer sur le décompte des voix.
L’ombre de la fraude plane sur la présidentielle de 2025, et les appels à un processus électoral transparent se multiplient. ELECAM, qui devrait être un arbitre neutre, est perçu par une frange de l’opinion comme un appendice du régime, et Veridos comme un complice technologique d’un hold-up électoral à venir.
Si le gouvernement et ELECAM se défendent de toute manipulation, l’absence de contre-pouvoirs et de garanties d’indépendance alimente la méfiance. L’opposition et la société civile pourront-elles imposer une transparence minimale ? Ou assistera-t-on une fois de plus à une élection où le vainqueur est connu d’avance ?
L’avenir du Cameroun se joue peut-être dans les lignes de code des systèmes de Veridos…
Charles Chacot CHIME