Il faut qu’on se parle !
Parce qu’à force de répéter les mêmes absurdités, elles finissent par passer pour des vérités.
Depuis que le Pr Maurice Kamto a évoqué à Paris, début juin 2025, les 50 morts au Sénégal lors des manifestations liées à l’élection présidentielle, certains s’activent à le faire passer pour un homme prêt à “marcher sur des cadavres” pour accéder au pouvoir.
Pourtant, ce même homme disait en 2018 :
« Je ne marcherai pas sur les cadavres des Camerounais pour accéder au pouvoir. »
C’est donc clair : on lui fait un faux procès.
Mais allons plus loin. Si un homme politique parle des morts pour éviter qu’il y en ait demain, est-ce un crime ?
Et si un peuple descend dans la rue pour réclamer justice, et qu’on le réprime dans le sang, qui est vraiment coupable ?
La réponse a été donnée noir sur blanc par Christian Ntimbane Bomo, avocat et candidat déclaré à la présidentielle, dans une mise au point devenue virale :
« Ce ne sont pas ceux qui manifestent pacifiquement qui tuent. Ce sont ceux qui donnent l’ordre de tirer. »
C’est ça la vérité qu’on refuse de regarder en face.
Les manifestations pacifiques ne sont pas des insurrections. Les banderoles ne sont pas des armes. Et les citoyens qui réclament mieux ne sont pas des ennemis de l’État.
Ce sont des victimes quand on les tue.
Ce sont des héros quand on les écoute.
Alors oui, ça dérange quand un leader politique parle des morts. Mais ce qui devrait nous déranger davantage, c’est qu’il y ait des morts, encore, à chaque mouvement social.
Et non, ce ne sont pas les manifestants qui portent la responsabilité de ces drames.
La vraie question est simple : qui tire ? Qui donne l’ordre ? Qui justifie l’usage des balles sur des citoyens désarmés ?
Christian Ntimbane Bomo est clair :
« Moi, Président, je n’ordonnerai jamais de tirer sur un citoyen qui manifeste pacifiquement. Je refuserai d’être un criminel. »
On attend que cette phrase devienne un engagement de tous les candidats.
Mieux : une norme républicaine.
Car, oui, dans un État de droit, on peut être contesté sans répondre par les armes.
On peut gouverner sans tuer.
On peut aimer son peuple, même quand il proteste.
Le Cameroun mérite mieux que des cercueils en guise de réponses politiques.
Il mérite un pouvoir qui écoute, pas un pouvoir qui élimine.
Alors, la prochaine fois qu’un citoyen descend dans la rue avec un carton à la main, ne l’appelez pas rebelle.
Appelez-le Camerounais.
Et surtout, ne tirez pas.
Charles Chacot Chimé
