C’est ce samedi 25 juillet 2026, au King Fahd Palace de Dakar, que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé au lancement officiel de sa nouvelle formation politique : KIIRAAY – Les Patriotes Républicains. Issue de la transformation de la coalition « Diomaye Président », cette naissance marque un tournant majeur dans la recomposition du paysage politique sénégalais.
Une maison commune pour tous les patriotes
Devant un parterre de responsables politiques, de membres du gouvernement, d’élus locaux et de milliers de militants venus de toutes les régions, le chef de l’État a présenté Kiiraay comme « une maison commune ». « Aujourd’hui, nous fondons une maison commune. Fonder, c’est semer une graine », a-t-il déclaré. Puisant dans ses origines rurales, il a confié : « J’ai été un enfant de Ndiaganiao. Je viens d’une famille de paysans. C’est dans ce monde-là, bien avant les livres, que j’ai reçu mes premières leçons de politique ».
Le nom « Kiiraay », puisé dans le lexique wolof, signifie « ce qui protège » ou « bouclier ». Une appellation qui, selon les initiateurs, symbolise un parti destiné à défendre les intérêts des citoyens et à placer l’intérêt national au cœur de l’action politique. La devise retenue est « La patrie d’abord ».
Un logo chargé de symboles
L’identité visuelle du parti a été dévoilée à travers une vidéo projetée lors de la cérémonie. Elle conserve les couleurs de la Coalition Diomaye Président, le bleu et le rouge. Le logo est composé d’un parapluie rouge surplombant une carte du Sénégal, tenue par un poing fermé de couleur bleue, le tout entouré d’une couronne de laurier. Dans les traditions africaines, le parapluie évoque la protection, l’abri et la solidarité ; le poing fermé incarne la force et la détermination ; la couronne de lauriers, reprise des armoiries nationales, renvoie à la souveraineté et à la réussite collective.
« Me voici donc au champ » : un appel à l’action
Poursuivant sa métaphore agricole, le président a affirmé que « le temps est le plus honnête des juges », avant d’inviter à privilégier l’action aux polémiques. « Chez nous, un paysan ne passe pas sa saison à maudire l’herbe folle (…). Me voici donc au champ », a-t-il lancé, concluant que Kiiraay est une « semence nouvelle » appelée à s’enraciner dans toutes les communes du Sénégal et au sein de la diaspora.
Marquant la différence entre l’opposition et l’exercice du pouvoir, il a souligné : « Quand on est opposant, on est responsable de rien. Mais lorsque l’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout ». Et de rappeler : « Je suis le président de tous les Sénégalais ».
Le cap : transformer le Sénégal à l’horizon 2050
Le projet politique de Kiiraay s’inscrit dans une vision de long terme. Le cap est clair : nourrir le pays grâce à sa propre terre, former les enfants, tirer de nos ressources naturelles et de notre énergie la part qui revient d’abord aux Sénégalais, équiper les territoires, faire grandir les entreprises et libérer les initiatives plutôt que de les entraver.
En référence à l’Agenda Sénégal 2050, les initiateurs du parti ont insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire, énergétique, économique, mais aussi mémorielle. Une vision qui puise dans la pensée du professeur Cheikh Anta Diop, dont la préface de Nations nègres et culture a été citée pour illustrer la nécessité pour un peuple de retrouver le fil historique qui le relie à son passé ancestral.
Une vague de ralliements sans précédent
Aminata Touré, superviseure de la Coalition Diomaye Président et présidente du comité d’initiative pour la création du parti, a annoncé que 437 organisations politiques, partis et mouvements, ainsi que 346 maires issus de différentes localités du Sénégal, ont décidé de rejoindre cette nouvelle formation. Des ralliements en provenance de l’Alliance pour la République (APR) de l’ancien président Macky Sall et même de Pastef ont également été enregistrés.
L’ambition est désormais claire : conquérir la majorité des collectivités territoriales lors des élections locales prévues en 2027, avec la volonté de remporter près de 80 % des communes du pays.
Une rupture consommée avec Pastef
Ce lancement intervient dans un contexte de rupture consommée avec Ousmane Sonko et le Pastef, après plusieurs mois de tractations et de meetings départementaux. À son arrivée à la présidence, Bassirou Diomaye Faye avait quitté son poste de secrétaire général de Pastef au nom de la séparation entre la fonction présidentielle et la direction d’un parti. Avec la création de Kiiraay, plusieurs ministres et responsables de la majorité, jusque-là membres de formations distinctes, sont désormais appelés à clarifier leur position en optant pour une adhésion exclusive au nouveau parti.
Ce samedi 25 juillet 2026 restera comme la date de naissance d’un parti qui se veut le rassemblement de tous les serviteurs de la République, placé sous le signe de l’unité nationale, pour transformer le Sénégal et préparer l’avenir.
Emmanuel Ekouli
