Décédée dans la nuit du 10 au 11 septembre 2026, à la lisière de ses 100 ans, Maman Ytembe Hélène laisse derrière elle une famille nombreuse et le souvenir d’une femme de foi, de générosité et de rassemblement. Mère de 13 enfants, grand-mère, arrière-grand-mère et arrière-arrière-grand-mère, cette matriarche élevée au titre traditionnel de Mafeu dans la tradition bamiléké aura marqué plusieurs générations, de Douala à Mombo, en passant par Balengou. Ses obsèques, prévues du 12 au 14 novembre 2026, seront ponctuées par son inhumation à Balengou et des hommages à Mombo.

Une vie consacrée à la famille et au travail

Née vers 1933 à Bapoundeu, Maman Ytembe Hélène épouse Tafeu Mekedjep François en 1951. Le couple s’installe à Yaoundé, où il exerce dans le commerce, avant de choisir une nouvelle voie : l’agriculture à Mombo. Une orientation qui témoigne de son attachement au travail et à la construction du foyer.

En 1993, la disparition de son époux bouleverse son parcours. Elle rejoint alors Douala, sans jamais rompre les liens avec Mombo et Balengou, village d’origine de son défunt mari. Jusqu’à son dernier souffle, elle partage ses activités entre ces différentes localités, demeurant au cœur d’un vaste réseau familial et communautaire.

Une mère au-delà des liens du sang

Si Maman Ytembe Hélène était la mère de 13 enfants, son rôle maternel dépassait largement les limites de sa propre descendance. Elle a également élevé de nombreux autres enfants, auxquels elle a transmis son affection, ses conseils et les valeurs qui ont guidé son existence.

Cette œuvre éducative se prolonge aujourd’hui à travers une famille étendue, dont plusieurs membres sont établis en Europe, où ils ont construit leur vie. Sa descendance, qui compte des petits-enfants, des arrière-petits-enfants et des arrière-arrière-petits-enfants, constitue l’un des témoignages les plus éloquents de son parcours.

Femme rassembleuse, elle ne faisait aucune distinction entre ses enfants, les enfants de ses enfants et ceux de son entourage. Tous avaient droit à la même attention. Sa maison était un espace d’accueil et de partage, où chacun pouvait trouver une oreille attentive, un conseil ou une parole réconfortante.

Mafeu, une figure de conciliation entre le Haut-Nkam et le Ndé

Élevée au titre traditionnel de Mafeu dans la tradition bamiléké, Maman Ytembe Hélène était reconnue pour son altruisme, son hospitalité et son sens de la médiation. Elle incarnait un trait d’union entre les familles du Haut-Nkam et celles du Ndé, notamment à Balengou Kassang, village de son défunt époux.

À Mombo, à Ndogpassi dans l’arrondissement de Douala III et à Balengou, elle avait su gagner l’estime des populations par sa disponibilité et sa capacité à rapprocher les personnes. Son influence dépassait le cercle familial pour toucher la vie communautaire, jusque dans les milieux de la chefferie traditionnelle.

Membre de plusieurs associations culturelles et sociales, elle cultivait les relations humaines et entretenait un esprit de solidarité qui faisait d’elle une référence pour de nombreuses personnes.

Une foi catholique profondément vécue

La foi occupait une place essentielle dans la vie de la défunte. Fervente catholique pratiquante, elle était membre d’une association mariale à la chapelle de Ndogpassi, à Douala, ainsi que de plusieurs associations religieuses et culturelles.

Son engagement spirituel se reflétait dans sa manière d’accueillir les autres, de conseiller les plus jeunes et de préserver l’unité familiale. Chez elle, la foi s’exprimait aussi dans les actes quotidiens, à travers le partage, l’écoute et l’attention portée à autrui.

Depuis l’annonce de son décès, survenu dans la nuit du 10 au 11 septembre 2026, la résidence familiale de Douala ne désemplit pas. Parents, amis, connaissances, associations et représentants de la notabilité traditionnelle viennent témoigner leur compassion à la famille et saluer la mémoire de celle qui aura durablement marqué leur existence.

Douala, Balengou et Mombo pour les derniers hommages

Les obsèques de Maman Ytembe Hélène se dérouleront du 12 au 14 novembre 2026, avec l’inhumation prévue le 14 novembre à Balengou, dans le département du Ndé. Les cérémonies devraient rassembler les autorités administratives, traditionnelles et religieuses, les populations, les membres de la famille ainsi que de nombreux proches venus de la diaspora.

Une cérémonie d’hommage est également annoncée le 21 novembre 2026 à Mombo, localité avec laquelle la défunte a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie. Douala, où elle a vécu ses dernières années, sera également au cœur de ces moments de recueillement.

Avec le départ de Maman Ytembe Hélène, c’est une mémoire familiale et communautaire qui s’enrichit d’un héritage précieux. À la lisière de ses 100 ans, elle s’est endormie dans son sommeil pour l’éternité, laissant derrière elle des générations d’enfants et de descendants, mais aussi tous ceux qu’elle a accueillis, conseillés et accompagnés.

Son souvenir restera celui d’une femme qui a fait de l’hospitalité une valeur, de la foi une force et du rassemblement une vocation.

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