Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) fait actuellement face à une volée de bois vert. Ces critiques reprochent au parti de l’opposant Maurice Kamto sa décision de participer aux prochaines élections municipales et législatives. Une décision, pensent ces critiques, qui s’éloignent de la position du MRC de boycotter ces élections locales tant que la paix ne sera pas revenue dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO).
Mais malgré cette pression de certains de ses soutiens et de militants, le MRC n’a pas changé d’avis. Plus encore, certains cadres de ce parti d’opposition montent au créneau pour défendre cette volonté de participer aux municipales et législatives attendues cette année. C’est le cas de Aissatou Bouba Dalil, membre du directoire du MRC et connue pour être une proche de Maurice Kamto. « L’objectif d’un parti politique est de conquérir le pouvoir et de l’exercer en mettant en œuvre son projet politique pour changer la vie du peuple », défend cette dernière.
Elle poursuit en expliquant que l’idée selon laquelle participer aux élections n’est pas une forme de trahison. « Au contraire, quiconque s’engage en politique le fait, ou devrait le faire, avec l’objectif de devenir “président de la République, député, maire, conseiller municipal, ou président de région” ». Elle ajoute que si l’on entre en politique sans ambition de pouvoir, c’est que l’on s’est peut-être trompé de chemin.
En clair pour Aissatou Bouba Dalil, le boycott des dernière municipales et législatives de février 2020 n’était pas la règle mais l’exception. Une manière de voir qui, de toutes évidences, est largement partagée au sein du directoire du MRC. Il ne reste plus qu’à savoir si ce point de vu va convaincre la base militante du MRC, qui a bien l’intention d’être représenté au Parlement et de gagner des mairies.
Jean-Michel Bios
