Cette semaine, le gouvernement britannique a annoncé qu’il suspend de manière immédiate les visas des étudiants de plusieurs pays, dont le Cameroun. Le ministère britannique de l’Intérieur (Home Office) justifie cette mesure en déplorant une explosion des demandes d’asile. Celles-ci ont augmenté de plus de 470 % entre 2021 et 2025 pour quatre pays : l’Afghanistan, la Birmanie, le Soudan et le Cameroun.

Pour les étudiants camerounais et soudanais, les demandes auraient progressé de plus de 330 % sur la même période. Cette pratique est qualifiée de « détournement des voies légales d’entrée à des fins de demande d’asile » par le Home Office. La loi permet en effet au Home Office d’appliquer cette suspension grâce à l’Emergency Brake (Frein d’urgence). C’est un mécanisme qui octroie le droit au gouvernement britannique de suspendre des catégories de visas pour une durée pouvant aller jusqu’à douze mois, afin de réévaluer les dispositifs de contrôle.

En attendant la fin de cette évaluation, les conséquences de cette suspension pourraient s’avérer désastreuses au Cameroun. Plusieurs étudiants pourraient perdre d’éventuelles opportunités académiques. En plus, si cette suspension dure dans le temps, des milliers de jeunes camerounais se verront privés de l’accès à des formations de qualité dans des institutions de renommée mondiale. Ce qui va considérablement limiter leurs perspectives d’emploi et par ricochet priver le Cameroun d’une main d’œuvre compétente.

Pour éviter d’en arriver là, le gouvernement camerounais devrait sans doute ouvrir le dialogue avec les autorités britanniques dans le but de trouver des solutions durables et éviter un isolement académique croissant de sa jeunesse.

Jean-Michel Bios

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