Trente-deux ans après, la mémoire du « Roi de la Ferraille » au cœur du combat de son fils KOLOKO WEYEPE Robert
I. Un homme que la Nation a honoré
Le 31 juillet 1994, le Cameroun rendait un hommage solennel à l’une de ses grandes figures politiques et économiques : KOLOKO Levis Claude. Député du Wouri, membre du Bureau politique du RDPC, entrepreneur de premier plan et personnalité reconnue pour son engagement en faveur de l’intégration nationale et du développement économique, celui que le monde des affaires surnommait le « Roi de la Ferraille » bénéficia d’obsèques officielles.
La République immortalisa également son nom en baptisant une rue de Bonapriso, à Douala, « Rue KOLOKO Levis Claude », consacrant ainsi son apport à la vie politique, économique et sociale du Cameroun.
Au-delà de ses fonctions publiques, KOLOKO Levis Claude était reconnu comme un homme de consensus et de vivre-ensemble. Sa vie familiale, marquée par des unions avec des femmes issues de plusieurs régions du Cameroun, était souvent présentée par ses proches comme le reflet de son attachement à l’unité nationale. Son sens du partage et sa capacité à rassembler au-delà des appartenances communautaires ont contribué à faire de lui une personnalité respectée bien au-delà de son milieu d’origine.

II. Une succession paisible… jusqu’aux premiers contentieux
Pendant plusieurs années après le décès de KOLOKO Levis Claude, sa mémoire demeure associée aux hommages que lui avait rendus la Nation.
C’est à partir des années 2011, avec l’apparition de plusieurs contentieux administratifs, fonciers et successoraux, que la situation prend une nouvelle dimension. Des procédures sont engagées autour de certains biens du patrimoine familial, ouvrant une longue séquence de recours devant les administrations et les juridictions compétentes.
III. KOLOKO WEYEPE Robert entre en première ligne
Face à ces procédures, KOLOKO WEYEPE Robert, opérateur économique et acteur politique, prend la tête des démarches engagées pour défendre les intérêts de la famille.
Depuis lors, il affirme avoir multiplié les recours administratifs et judiciaires afin de préserver le patrimoine laissé par son père et de défendre la mémoire de cette figure nationale.
« Mon père nous a légué bien plus qu’un patrimoine matériel. Il nous a transmis la persévérance, l’endurance, l’honnêteté, le sens du sacrifice, la foi en Dieu et le devoir de servir », confie-t-il.
Il se souvient encore des dernières recommandations de son père :
«« C’est chacun de vous qui prendra un bâton pour se faire fouetter ; cela ne viendra jamais du nom que vous portez. Je vous exhorte à pérenniser ce nom de génération en génération. »»
Pour lui, cette parole demeure un véritable testament.
IV. Préserver un patrimoine, préserver une mémoire
Parmi les dossiers les plus emblématiques figure celui de la Fondation « Roi de la Ferraille », située à Bassa, face à l’usine Guinness à Douala. Dominé par une imposante effigie de KOLOKO Levis Claude, ce site est considéré par la famille comme un lieu de mémoire autant qu’un patrimoine historique.
Il fait aujourd’hui l’objet d’un contentieux foncier qui demeure examiné par les autorités administratives et judiciaires compétentes.
Pour KOLOKO WEYEPE Robert, les procédures engagées dépassent la seule question patrimoniale.
« Mon combat est de préserver l’héritage de mon père dans le respect des institutions et de la justice. J’ai choisi d’emprunter exclusivement les voies légales et je demeure convaincu que le droit finira par prévaloir. »
V. La confiance dans l’État de droit
Malgré les années de procédures, KOLOKO WEYEPE Robert affirme conserver sa confiance dans les institutions de la République.
« Mon père n’était pas seulement un entrepreneur. Il était un homme d’État, un militant, un rassembleur et un bâtisseur. Lorsqu’une personnalité ayant reçu les honneurs de la Nation voit son héritage faire l’objet de contentieux aussi longs, cela interpelle sur la manière dont la mémoire des grands serviteurs de l’État est préservée. »
Il ajoute poursuivre son engagement économique, politique et associatif dans le respect des lois de la République.
VI. Un combat qui se poursuit
À l’occasion du 32ᵉ anniversaire de la disparition de KOLOKO Levis Claude, KOLOKO WEYEPE Robert renouvelle son hommage à son père et réaffirme sa volonté de poursuivre les procédures engagées par les voies de droit.
« Notre famille continuera à défendre son héritage dans le respect de la loi, avec la conviction que la vérité et le droit finissent toujours par s’imposer. »
Au-delà du seul cas de la famille KOLOKO, cette histoire pose une question plus large : comment préserver durablement la mémoire, le patrimoine et l’héritage des grandes figures qui ont marqué l’histoire politique, économique et sociale du Cameroun, tout en laissant les juridictions compétentes trancher les litiges qui les concernent ?
Rodrigue Tchokodieu
