Yaoundé, le 15 novembre 2025 – Près de huit mois après les faits, l’ombre d’une impunité glaçante plane toujours sur le quartier Nkoabang, aux portes de la capitale. Dans la nuit du 3 novembre 2025, le sergent-chef Mvondo Parfait Junior, militaire en service à la Garde présidentielle, a été sauvagement assassiné à son domicile, sous les yeux de sa femme et de ses trois enfants, dans des conditions d’une barbarie inouïe. Malgré l’ouverture d’une enquête, les commanditaires et les auteurs de ce crime crapuleux courent toujours, laissant la veuve et ses enfants livrés à un traumatisme indescriptible et à la peur.
Un acte d’une cruauté inouïe
Selon le témoignage bouleversant de Madame Menyengue Odette Aguerfine, épouse Mvondo, les tueurs ont fait irruption dans leur résidence en pleine nuit. Loin d’un simple cambriolage, l’expédition punitive visait précisément le militaire. Les assaillants, décrits comme des “barbouzes” par la veuve, se sont acharnés sur le sergent-chef avec une violence rare. Avant même de lui ôter la vie, ils lui ont brisé les membres, les pieds et les bras, sous les cris impuissants de sa famille. Dans un acte d’humiliation suprême, ils ont également abusé sexuellement de lui avant de lui donner la mort. Son épouse n’a pas échappé au calvaire : elle a été violée devant ses enfants en pleurs, impuissants face à ce déchaînement de sauvagerie.
Une enquête qui patine et une menace persistante
Si les forces de maintien de l’ordre ont rapidement initié une enquête, celle-ci semble piétiner. Plus inquiétant encore, Madame Mvondo est aujourd’hui la cible de messages de menace récurrents, la plongeant dans une terreur constante. “Ils veulent me faire taire”, confie-t-elle dans un souffle, craignant pour sa vie et celle de ses enfants.
Cette situation interroge : que détenait le sergent-chef Mvondo ? Les menaces proférées à l’encontre de son épouse laissent présager qu’une “anguille sous roche” se cache derrière ce massacre. Le militaire détenait-il des informations sensibles, des dossiers brûlants sur un réseau criminel ou un cartel influent ? Ses bourreaux pensent-ils que sa veuve a récupéré ces documents, ce qui justifierait les intimidations actuelles ? Le mystère reste entier.
Le Cameroun en proie à une insécurité grandissante
Ce drame s’inscrit dans un contexte national alarmant. Depuis plusieurs années, le Cameroun est confronté à une recrudescence inquiétante de la criminalité. Assassinats, viols, enlèvements : les faits divers violents se multiplient dans les villes comme dans les campagnes, donnant l’impression d’un pays livré à une “jungle” où les bandits de tout acabit font feu de tout bois. L’affaire non élucidée du sergent-chef Mvondo, tout comme celle, toujours en suspens, de l’assassinat de l’animateur radio Martinez Zogo, sont les symboles criants de cette impunité qui ronge la société.
Le traumatisme d’une famille et l’attente de la vérité
Alors que l’enquête se poursuit, la famille Mvondo vit un véritable chemin de croix. Entre le deuil impossible et la peur permanente, l’avenir s’annonce sombre. Les enfants, témoins directs de l’horreur, portent des séquelles psychologiques profondes.
L’enquête, relancée sous la pression populaire, parviendra-t-elle enfin à faire éclater la vérité ? Les autorités camerounaises sauront-elles briser l’omerta pour rendre justice à ce soldat tombé au front de l’inconnu ? Les proches du sergent-chef Mvondo, comme l’ensemble des citoyens, attendent des actes concrets et la fin de ce calvaire.
À suivre.
Adèle Amalega
