Vainqueur aux tirs au but (3‑1) du pays hôte mercredi soir à Rabat, le Cameroun affrontera le Malawi dimanche 16 août pour décrocher son premier titre continental.

Le Stade Moulay El Hassan de Rabat retenait son souffle. En tête, les supporters marocains croyaient à la délivrance. À la 118e minute, un penalty pour les Lionnes de l’Atlas. Fatima Tagnaout s’élance, frappe… et bute sur un mur. Un mur nommé Michaely Bihina. La gardienne camerounaise repousse la tentative et arrache les tirs au but. Dans la séance, elle récidive à trois reprises, offrant à son pays une victoire 3‑1 et un billet pour la finale de la CAN féminine 2026.

Une héroïne au grand cœur

À 23 ans, la portière du Benfica Lisbonne a vécu une nuit d’anthologie. Après avoir sorti le penalty de Fatima Tagnaout à deux minutes du terme des prolongations, elle a successivement repoussé les tentatives de Kenza Chapelle, Maryem Atiq et Sakina Ouzraoui. Quatre arrêts sur la soirée, dont trois dans l’exercice cruel. Logiquement élue joueuse du match, Bihina a résumé l’état d’esprit d’une équipe qui n’a encaissé que deux buts depuis le début du tournoi.

« Elle a été grandiose », résume sobrement la presse sportive. Un euphémisme au regard de la prestation qui a brisé les rêves de tout un peuple.

Le Maroc paie son penalty manqué

Dominateur dans le jeu avec plus de 60 % de possession, le Maroc a multiplié les vagues offensives sans jamais trouver la faille. Le scénario a cruellement rappelé la finale masculine perdue par les Lions de l’Atlas en 2025, déjà à domicile, sur un penalty manqué en toute fin de match. Pour les Lionnes de l’Atlas, l’élimination est d’autant plus amère qu’elles visaient une troisième finale consécutive après 2022 et 2024. Elles devront se contenter du match pour la troisième place samedi 15 août contre l’Algérie.

Un parcours de miraculées

La qualification camerounaise tient du conte de fées. Initialement non qualifiées, les Lionnes Indomptables ont été repêchées grâce à l’extension de la CAN de 12 à 16 équipes, décidée par la CAF. Elles ont su saisir leur chance : victoires en phase de groupes contre le Mali (2‑1), le Ghana (1‑0) et le Cap‑Vert, avant d’éliminer le Nigeria, tenant du titre et vainqueur de dix des treize éditions, en quart de finale (1‑0). Puis le Maroc, pays hôte, en demi-finale.

« Le Cameroun a joué avec le cœur et la discipline », souligne un observateur. Une résilience qui force le respect.

Rendez-vous avec l’histoire

Dimanche 16 août à 21h (heure locale), les Lionnes Indomptables affronteront le Malawi en finale. Une affiche inédite entre deux nations qui n’ont jamais soulevé le trophée. Le Malawi, 153e au classement FIFA, dispute sa toute première phase finale de CAN et a déjà créé l’exploit en écartant l’Algérie (3‑1) en demi-finale grâce aux sœurs Chawinga. Un outsider insouciant, mais le Cameroun, fort de son mental d’acier et de sa muraille Bihina, part favori.

Pour cette génération camerounaise, après trois finales perdues en 2004, 2014 et 2016 – toutes face au Nigeria –, l’heure est à la conquête d’un premier titre. Les Lionnes Indomptables ne veulent pas laisser passer leur chance. Dimanche, elles écriront l’histoire.

CAN féminine 2026 – Finale : Cameroun – Malawi, dimanche 16 août à 21h (heure locale).

Emmanuel Ekouli

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