Le Cameroun, riche de ses sols aurifères, vit un scandale digne des plus grandes tragédies nationales. Après le dossier Glencore, ce sont des tonnes d’or qui s’évaporent chaque année, acheminées vers l’étranger tandis que l’État reste paralysé. Les chiffres sont effarants : 22,3 kg déclarés officiellement par les Douanes contre 15,2 tonnes importées par les Émirats arabes unis. Plus de 680 fois la production officielle!

En 2023, le Cameroun a produit 953 kg d’or selon le ministère des Mines. Mais la réalité des flux internationaux est autrement plus sombre. Les exportations massives non déclarées révèlent un pilllage systématique et un marché parallèle qui échappe totalement au contrôle national. Les exploitants locaux sont marginalisés, écrasés par des taxes arbitraires et des contrats défavorables.

165 milliards de FCFA envolés : un manque à gagner abyssal

Les pertes fiscales liées à ces exportations illégales sont estimées à 165 milliards de FCFA (près de 250 millions d’euros). Ces milliards auraient pu financer des hôpitaux, des écoles, des routes… Mais au lieu de cela, ils enrichissent des acteurs nationaux étrangers, pendant que le contribuable camerounais observe, impuissant.

L’impunité comme mode de fonctionnement

Plus de 90 % de l’or illégal est acheminé vers les Émirats arabes unis, loin des regards. Les laboratoires d’analyses et les services de contrôle nationaux semblent plus jouer le rôle de caution que de gardiens. Les chiffres officiels deviennent un jeu d’illusion, où la transparence est un luxe que personne n’ose réclamer.
Ce scandale est plus qu’économique : il est symbolique. Il révèle la dépossession de nos richesses, l’injustice subie par les citoyens et l’incapacité chronique du régime Biya à protéger son peuple. L’or qui quitte le Cameroun ne représente pas seulement de l’argent : il représente notre dignité volée.

Il est temps d’agir. La presse doit enquêter, les citoyens doivent s’indigner et les autorités doivent prendre des mesures immédiates : transparence totale sur les flux miniers, contrôle rigoureux des exportations et sanctions contre tous les acteurs impliqués. Le Cameroun ne peut plus continuer à regarder son or s’envoler vers d’autres cieux pendant que ses populations restent appauvries. Il ne peut pas non plus continuer à pondre d’aussi gros scandales tout le temps.

Charles Chacot Chimé

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