Quelle démonstration d’abnégation footballistique ! Quelle illustration magistrale du fameux adage : ce n’est point la beauté du geste qui triomphe, mais la pugnacité de l’âme !

Les Lions Indomptables, ces félins qu’on disait moribonds, ont pulvérisé les certitudes en terrassant les Bafana Bafana dans un match où le réalisme clinical a supplanté la sophistication tactique. Certes, le spectacle ne fut point d’une esthétique apothéotique, mais quelle quintessence de détermination ! Quelle ferveur belliqueuse !

Carlos Baleba, tel un preux chevalier au milieu du terrain, a orchestré cette victoire avec une véhémence peu commune. Bryan Mbeumo, enfin extirpé de sa léthargie, a retrouvé cette fulgurance qui fait trembler les défenses. Et que dire d’Epassy ? Malgré des relances quelque peu hésitantes, le portier a déployé une prestance digne des grands soirs !

Face à eux, l’inexorable Hugo Broos, ce Némésis revenu hanter ses anciens protégés – lui qui les avait menés à la consécration continentale en 2017 ! À ses côtés, Helman Mkhalele, cette figure spectrale du traumatisme de 1996, lorsque le Cameroun fut vilipendé 3-0 à Soccer City. Et Teboho Mokoena, orchestrateur en chef… Tous se sont heurtés au mur d’opiniâtreté camerounais !

Cette équipe, éthiopienne dans ses tribulations pré-compétition – entraîneur parachuté in extremis, Marc Brys destitué, atermoiements kafkaïens – connaît désormais une métamorphose stupéfiante. David Pagou accomplit un travail d’orfèvre !
Et maintenant ? Un choc homérique des Lions ! Un remake de 1988, cette demi-finale anthologique où Cyrille Makanaky, ce barde du football, crucifiait le Maroc de Badou Zaki !

Les Lions de l’Atlas voudront expier cette défaite trentenaire. Mais attention : ces Lions Indomptables ont retrouvé leur superbe prédatrice !

Mireille Ngosso

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