C’est l’hôtel Ribadou de Garoua qui a servi de cadre à cet atelier de formation pour cette rencontre entre les ordonnateurs et les gestionnaires de crédit public des quatre régions et le Consupe.
Cet atelier de formation concernait certains éléments importants de la gestion des finances publiques. Etaient ainsi concernés, les délégués régionaux et autres gestionnaires de crédits des régions l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord et du Nord. Ils devaient être formés et voir leurs capacités renforcées sur les notions d’irrégularité, de fautes de gestion, de préjudice, toutes choses qui emmènent au contentieux.
Le Cameroun est réputé pour être un pays très bien administré, mais dont le doigt accusateur est toujours dirigé dans la gouvernance et de la gestion des finances publiques. Cet atelier devait donc permettre, dans un premier temps, d’aboutir à la bonne pratique de gestion budgétaire, de la maitrise du régime financier de l’Etat et des textes applicables à la bonne qualité de la dépense publique, deuxièmement ; l’identification des actes susceptibles de constituer une faute de gestion et de s’en prémunir ; troisièmement, favoriser des échanges d’expériences entre responsables régionaux car, les difficultés rencontrées dans une région peuvent éclairer les solutions adoptées dans une autre région ; et enfin en quatrième lieu, de formuler des recommandations pratiques pouvant permettre d’améliorer les procédures modernes internes, et le cas échéant, d’être portées à l’attention des compétentes.

Cet atelier se justifie par le fait des défis importants que rencontrent les gestionnaires des crédits en matière budgétaire et comptable. Les irrégularités constatées lors des contrôles, les difficultés d’appropriation des textes en vigueur, ainsi que les risques liés à une maitrise insuffisante des procédures par les responsables déconcentrés qui ont en charge la gestion des finances publiques et qui peuvent affecter la crédibilité des administrations. Cet atelier répond en outre à des enjeux importants pour la qualité de la dépense publique au profit des citoyens, il offre un cadre propice au partage d’expériences, à l’acquisition des connaissances et bien-sûr, au renforcement des capacités.
Il faut dire pour le marteler que la notion de faute de gestion occupe une place centrale dans le droit public financier du Cameroun, et elle peut être définie comme tout manquement commis par un gestionnaire public dans l’exercice de ses fonctions, susceptible de causer un préjudice à l’Etat. En la matière, la législation nationale prévoit que tout ordonnateur ou gestionnaire de crédit engage sa responsabilité personnelle et pécuniaire dès lors qu’il s’écarte des procédures établies. Les services du Contrôle Supérieur de l’Etat et tous les autres organes de contrôle, ont le devoir de poursuivre sans relâche leurs missions à savoir : prévenir, détecter et sanctionner toute atteinte à la fortune publique. Les sanctions encourues sont administratives, financières et/ou pénales, toute chose qui doit être rappelée avec force.
Les notions de finance publique et de gestion budgétaire ne sont pas des actes anodins. Elles constituent un engagement envers les citoyens. Il est impératif que chacun, en ce qui le concerne, s’engage rigoureusement et en toute responsabilité à faire de la qualité de la dépense une chose avec laquelle on ne transige pas. La position stratégique des responsables déconcentrés est ici importante étant entendu que ceux-ci sont ceux qui posent des actes au quotidien pour l’application et l’action de l’Etat vis-à-vis du citoyen. Le succès de la gestion budgétaire incombe donc à la qualité, la rigueur, le professionnalisme et l’intégrité des gestionnaires régionaux.
Cet atelier trouve donc tout son sens car a pour but de consolider les meilleures pratiques et de renforcer l’efficacité de la gestion au quotidien de ces responsables déconcentrés.
Madame Mbah Acha Rose Formundam, ministre du Conseil Supérieur de l’Etat, s’est félicitée de la présence à ses côtés, lors de cet atelier, du Gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i et de l’accompagnement de la BAD, Ô combien stratégique, à travers l’appui à la gouvernance publique, qui contribue de manière significative à la modernisation du système de gestion des finances publiques dans nos pays.
Mercie Maounodee,
Correspondante permanente pour le Nord
