Face à une vague d’allégations sur les réseaux sociaux, les autorités rappellent qu’aucune augmentation n’est prévue par la Loi de Finances 2026. Vigilance recommandée contre les infox.

Une rumeur persistante concernant une prétendue augmentation substantielle du coût du passeport biométrique camerounais a envahi ces derniers jours les plateformes sociales, semant inquiétude et confusion parmi les citoyens. Selon ces publications virales, partagées des centaines de fois, le prix du précieux sésame devait passer à 150 000, voire 200 000 FCFA. Après vérification auprès des sources officielles, il s’agit d’une infox pure et simple. Le prix officiel reste fixé à 110 000 FCFA pour un passeport biométrique ordinaire, et aucune hausse n’est inscrite dans la Loi de Finances pour l’exercice 2026.

Le phénomène a pris une ampleur telle que le hashtag #PasseportCher a commencé à circuler, accompagné de commentaires souvent indignés, mettant en cause le gouvernement pour un projet de tarif qui n’existe pas. Cette désinformation, comme souvent, semble s’appuyer sur un mélange de spéculations, de méfiance historique et peut-être d’intentions malveillantes visant à créer une tension sociale artificielle.

La loi comme garde-fou

Un examen attentif du projet de Loi de Finances 2026, actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, ne fait état d’aucune modification des droits et taxes perçus sur les passeports. Les tarifs en vigueur, établis par des textes réglementaires antérieurs, restent d’application. Les services du Ministère des Finances et de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), seule institution habilitée à délivrer le document, ont confirmé à notre rédaction la stabilité du coût.

« Il est regrettable de voir comment une rumeur infondée peut prendre une telle vitesse, commente un officier de la communication de la DGSN sous couvert d’anonymat. Nous invitons la population à se fier exclusivement aux canaux officiels : notre site web, les comptes vérifiés sur les réseaux sociaux et les communiqués publiés dans la presse étatique. Le prix est de 110 000 FCFA. Point. »

Le réflexe à adopter face aux infox

Cet épisode est un cas d’école des mécanismes de la désinformation moderne. Les spécialistes de la communication digitale rappellent l’importance capitale du fact-checking avant de partager une information, surtout si elle provoque une réaction émotionnelle forte.

Les étapes sont simples :

  1. Vérifier la source : L’information émane-t-elle d’un média reconnu, d’un compte gouvernemental certifié (vérifié) ?
  2. Recouper : D’autres sources officielles ou journalistiques sérieuses rapportent-elles la même chose ?
  3. Se méfier des formats : Les captures d’écran de prétendus décrets ou articles sont facilement falsifiables.
  4. Consulter les sites institutionnels : En l’occurrence, le site de la DGSN ou du MINFI font foi.

Au-delà de la rumeur, les défis réels

Si le prix n’augmente pas, les défis liés à l’obtention du passeport, eux, restent bien réels pour de nombreux Camerounais. Les longs délais de traitement dans certaines régions, les difficultés de prise de rendez-vous en ligne ou la persistance de réseaux de trafic illicite autour de la procédure constituent les vraies préoccupations sur lesquelles les attentes des citoyens sont fortes.

La propagation de cette fausse nouvelle sur la hausse des prix détourne l’attention de ces enjeux concrets et complique le dialogue entre l’administration et les usagers.

Face au bruit numérique, le message des autorités est clair et limpide : le passeport biométrique camerounais coûte 110 000 FCFA. Aucune augmentation n’est programmée pour 2026. Cet incident sert de rappel : dans l’ère du tout-numérique, la vigilance et le recours systématique aux sources officielles sont les premiers remparts contre la manipulation et la désinformation.

Emmanuel Ekouli

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