Le pape arrive au Cameroun. Ou plutôt… en Scandalousie. Ce territoire étrange où les scandales éclatent avec régularité, mais où la justice observe le silence monastique.
Il arrive dans un pays où les églises débordent chaque dimanche, pendant que les hôpitaux manquent de tout, sauf de prières. Ici, la foi soigne ce que l’État a abandonné.
Bienvenue en Scandalousie. Ce pays où la démocratie apparaît à chaque élection… puis disparaît aussitôt les résultats proclamés. Où les droits de l’homme respirent difficilement, coincés entre un discours officiel et une réalité brutale.
Ici, la corruption n’est plus un péché. C’est une habitude. Elle ne se cache même plus. Elle signe, elle valide, elle ordonne. Elle construit des fortunes pendant que les routes se décomposent et que les rêves s’évaporent.
Ici, le tribalisme distribue les privilèges pendant que la compétence distribue les CV… sans réponse.
Pendant ce temps, la jeunesse regarde ailleurs. Elle ne rêve plus de construire. Elle rêve de partir. Partir par l’aéroport, par la mer, par le désert… peu importe le chemin, tant que ce n’est plus ici.
Pendant ce temps, des anonymes croupissent dans des cellules oubliées. Sans jugement. Sans bruit. Sans existence.
Et pendant ce temps, le pays prie. Parce que quand tout échoue, il reste Dieu.
Le pape arrivera. Les autorités s’agenouilleront. Les caméras filmeront. Les discours parleront de paix, de justice et d’espérance.
Mais au-delà des sourires officiels, il y a un peuple fatigué. Un peuple qui prie non pas par tradition… mais par nécessité.
Saint-Père, bienvenue en Scandalousie. Ici, les jeunes ne demandent plus des bénédictions. Ils demandent une raison de rester. Et ceux qui restent demandent simplement une raison d’y croire.
Charles Chacot Chime
