𝐿𝑜𝑖𝑛 𝑑𝑢 𝑡𝑢𝑚𝑢𝑙𝑡𝑒 𝑚é𝑑𝑖𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑟𝑒𝑛𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑒𝑥𝑐𝑙𝑢𝑠𝑖𝑣𝑒 à 𝑙’𝐴𝑠𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙é𝑒 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑑’𝑢𝑛 𝐶𝑎𝑏𝑟𝑎𝑙 𝐿𝑖𝑏𝑖𝑖 𝑠𝑒𝑟𝑒𝑖𝑛 𝑒𝑡 𝑟é𝑠𝑖𝑙𝑖𝑒𝑛𝑡, 𝑓𝑎ç𝑜𝑛né 𝑝𝑎𝑟 𝑙’é𝑝𝑟𝑒𝑢𝑣𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑡ô𝑡 𝑞𝑢’𝑎𝑖𝑔𝑟𝑖 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒 “𝑏𝑎𝑠ℎ𝑖𝑛𝑔”. 𝐸𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑓𝑖𝑑𝑒𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑣𝑖𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑜𝑙𝑖𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑐𝑒 𝑟écit 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑙𝑜𝑛𝑔é𝑒 𝑖𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑎𝑢 𝑐œ𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑑é𝑡𝑒𝑟𝑚𝑖𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑢𝑛 𝑙𝑒𝑎𝑑𝑒𝑟 𝑞𝑢𝑖 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑎 «𝑚𝑖𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑒».

𝐽𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑖𝑣𝑟𝑒 𝑖𝑐𝑖 𝑙𝑒 𝑡é𝑚𝑜𝑖𝑔𝑛𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑟𝑒𝑛𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑎𝑟𝑞𝑢𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙𝑒 𝑃𝑟é𝑠𝑖𝑑𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑢 𝑃𝐶𝑅𝑁.

Il était 15 h précises lorsque je franchis le seuil de l’auguste Assemblée nationale du Cameroun, lieu chargé d’histoire et de mémoires.

Yaoundé était lourde de chaleur, comme écrasée par la marche lente des heures qui s’écoulent loin des clameurs.

Entre formalités administratives, ascenseurs et couloirs, quelques murmures lointains et évanescents se dispersaient dans l’air dense de l’après-midi.

Je tenais un livre – Les mémoires d’une terre camerounaise – entre les mains, comme on porte un fragment de soi, un bouquet de foi en l’avenir.

À 15h donc, j’étais là, devant sa porte. Le geste légèrement hésitant : devais-je frapper ou passer un appel ? me demandai-je. Mais à peine le temps de trancher qu’un pas ferme résonna derrière moi. Une présence s’imposa. Une voix, calme et rassurante, s’ouvrit : « Je sais que c’est moi que tu cherches. »

Je le distinguais encore imparfaitement, mais déjà il s’approchait, et les traits de son visage se dessinaient avec netteté. C’était bien lui : l’Honorable Camarade, le Président Cabral Libii.

Il m’accueillit avec une affabilité dont la simplicité renforçait. Point de manières affectées, point de distance. Une poignée de main ferme. Une boisson offerte avec soin – et de ses propres mains. Une écoute attentive. Une présence élégante.

Nous parlâmes. Certaines conversations portent le sceau discret de la confidence ; elles ne se livrent pas au public. Alors, je m’y résous.

Il y avait, dans sa manière d’évoquer l’avenir du Cameroun, une volonté visible de fédérer le maximum d’énergies en vue de la coconstruction de lendemains meilleurs. Le ton n’était ni exalté ni défensif ; il était posé, sûr. 𝐑𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭 !

Dans le fil de nos échanges, j’ai discerné un homme que les déceptions n’ont pas aigri ; que les critiques n’ont pas amoindri ; que les coups bas n’ont pas détourné de ce qu’il appelle lui-même sa « mission de vie ». Comme si les secousses de la vie l’ont contraint à l’introspection, puis à la consolidation. Comme si chaque revers avait servi de bistouri pour sculpter et ancrer dans son être, dans sa peau, sa détermination.

Je l’écoutais attentivement. La détermination que je percevais n’était pas celle de 2018. Elle était plus forte, irrépréhensible… 𝐒𝐚𝐧𝐬 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐞𝐭.

Peut-être ces épreuves ont-elles fait, en somme, ce que l’enthousiasme seul ne pouvait accomplir : affermir sa vision, clarifier ses priorités, épurer ses certitudes.

Il insista :

« Me battre pour un nouveau Cameroun, c’est ma mission de vie. Si je ne le fais pas, que ferais-je donc ? »

Lorsque je lui remis mon ouvrage, il le reçut avec un entrain manifeste, comme s’il tenait à en honorer la portée par une générosité singulière. Et il le fit.

« J’ai un profond respect pour les œuvres de l’esprit. Je connais le labeur qui leur donne forme. Depuis mon expérience en studio, lorsque je faisais la chorale, je me suis promis de toujours les honorer. Nous devons faire une photo. »

La littérature et la politique se rejoignaient alors dans un amas de pixels – image fugace et pourtant symbolique – comme la rencontre de deux trajectoires en évolution, convergeant vers une conviction partagée : un Cameroun qui protège et qui libère les énergies est possible – à condition que ceux qui y croient acceptent d’en porter le poids.»

Plus d’une heure d’échanges et tout est si transparent. Au-delà du bashing, le Cabral LIBII que j’ai rencontré n’est point celui qui est confusément et maladroitement dépeint par une milice à gage.

Le contraste avec ces grossières caricatures concoctées à dessein est visible. Il oppose sa sérénité aux mensonges plaqués et aux fausses accusations d’enrichissement que la «milice» galvaude sans preuve à l’appui.

Au-delà du bashing, le Cabral LIBII que j’ai rencontré est debout comme un phare qui éclaire de son bras lumineux les méandres de la sphère politique. Tant son offre politique est la meilleure.

J’ai donc rencontré un Leader que l’épreuve a densifié. Un président dont les aspérités demeurent justes et sincères. Un homme extraordinaire de résilience politique qui a su faire de ses blessures un multiplicateur de motivation.

Il était un peu plus de 16h quand le chapitre de cette rencontre s’est clôturé dans la solennité de cet édifice.

Au-delà des rumeurs, cela mérite d’être conté… 𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐛𝐫𝐚𝐥 𝐋𝐈𝐁𝐈𝐈 𝐪𝐮𝐞 𝐣’𝐚𝐢 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭ré !

Sara Timb

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