Deux publications médiatiques proches du pouvoir en place à Yaoundé ont récemment pris pour cible le journaliste Alain Ndanga, à la suite de la parution de son ouvrage « Plume de sang dans l’antre du NoSo », édité chez Ikrikiya. Dans ce livre, l’auteur propose une analyse critique de la gestion de la crise anglophone par les autorités camerounaises.

Bien que l’ouvrage ait fait l’objet de restrictions de diffusion au Cameroun, Alain Ndanga, également chef du service politique au quotidien privé Mutations, a présenté son travail lors d’une conférence organisée à l’École supérieure des Beaux-Arts de Mons, en Belgique. À cette occasion, le journaliste-essayiste a exposé les origines de la crise anglophone, son déclenchement en 2016, ainsi que les dynamiques économiques et les intérêts en jeu dans ce conflit.

Sur le terrain, la situation demeure préoccupante pour les populations civiles. À la suite des violences survenues à Nkambé, dans le département du Donga-Mantung, ayant causé la mort de plusieurs civils, Alain Ndanga a publié une analyse relayée par le média Camer.be. Cette prise de position a été suivie de menaces, notamment à travers des appels anonymes et diverses formes de pressions visant à entraver son expression.

Par ailleurs, certaines publications de presse ont diffusé des contenus mettant en cause le journaliste, incluant sa photographie en une, accompagnée de propos à caractère diffamatoire. Ces agissements soulèvent des interrogations quant au respect des principes déontologiques et éthiques de la profession.
Dans ce contexte, cette situation met en lumière les défis persistants liés à la liberté de la presse et à la protection des journalistes, en particulier pour ceux qui couvrent des sujets sensibles tels que la crise anglophone au Cameroun.
Ndongo Tsala Christophe
