Douala, le 21 avril 2026 – La capitale économique camerounaise a changé de dimension ce mardi. Sous un soleil de plomb, l’hémicycle du Palais des Congrès de Douala n’a pas vibré au rythme des affaires habituelles, mais à celui d’une ambition continentale inédite. Sous l’impulsion déterminée du ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, la ville s’est imposée comme le carrefour incontesté de la Francophonie Économique.

À l’occasion d’une rencontre de haut niveau dédiée à l’intégration des PME dans les chaînes de valeur de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), Douala a prouvé que la langue commune peut devenir un levier de compétitivité. Pendant deux jours, décideurs publics, patrons de PME et investisseurs venus d’une vingtaine de pays francophones ont planché sur un défi vertigineux : comment faire passer le tissu artisanal et entrepreneurial local de l’informel à l’industrialisation compétitive ?

« La Francophonie ne doit plus être un simple partage culturel, mais un accélérateur d’affaires. La ZLECAF, c’est un marché d’un milliard de consommateurs. Nos PME doivent y prendre leur place, non comme des spectatrices, mais comme des actrices de premier plan », a martelé Achille Bassilekin III, en ouverture des travaux.

Transformer local pour vendre continental

Le constat est sans appel : trop souvent freinées par des difficultés d’accès au financement, aux normes de qualité ou à l’information, les PME camerounaises et africaines peinent à franchir le cap de l’exportation intra-africaine. Face à ce mur, le ministre a dégainé une feuille de route offensive. Au cœur du dispositif : la transformation locale des matières premières. « Nous ne vendrons plus nos ressources brutes à l’extérieur pour les racheter transformées. Le « Made in Cameroon » sera compétitif ou ne sera pas. Le gouvernement accompagnera chaque entrepreneur qui osera l’industrialisation », a-t-il affirmé sous les applaudissements nourris de la salle.

Cette plateforme de coopération francophone a ainsi posé les premiers jalons d’un « guichet unique dédié aux chaînes de valeur ZLECAF ». Objectif : fluidifier les échanges, harmoniser les certifications et créer des passerelles entre les PME des pays membres. Des conventions ont déjà été signées avec plusieurs chambres de commerce et institutions financières sous-régionales.

Un pari sur l’avenir et l’emploi

Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse la simple performance économique. En plaçant les PME – qui représentent plus de 90% du tissu productif national – au cœur de cette transformation structurelle, c’est une politique de création massive d’emplois que le gouvernement entend impulser. « Une PME qui intègre une chaîne de valeur continentale, c’est une usine qui tourne, des jeunes qui travaillent, et une économie qui respire », a résumé un expert présent à la conférence.

Alors que les regards se tournent déjà vers la mise en œuvre concrète des engagements, Douala repart avec un trophée symbolique : celui d’avoir prouvé que l’avenir économique de la Francophonie ne se joue pas à Paris ou Genève, mais bien au bord du Wouri. Avec la volonté affichée d’Achille Bassilekin III, les petits poucets d’hier sont en train de devenir les géants de l’Afrique de demain. La ZLECAF n’attend plus. Le Cameroun non plus.

Yimga Senga Paule Sandra

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