Le président camerounais a surpris en signant des décrets, ce 3 mars, qui nomment de nouveaux administrateurs au Conseil d’administration du Crédit foncier du Cameroun (CFC) et au Fonds camerounais de prêts au logement (CFC). Une décision qui détonne avec l’attente générale d’un nouveau gouvernement. Ces dernières nominations ont davantage ravivé l’impatience des Camerounais, qui jugent que l’équipe gouvernementale actuelle est à bout de souffle.
C’est à se demander pourquoi Paul Biya prend tout son temps. Le dernier remaniement date du 4 janvier 2019, soit plus de sept ans, la durée d’un mandat présidentiel. Paul Biya est bien conscient que cette attente commence à agacer. C’est bien pour cette raison qu’il a lui-même annoncé l’imminence d’un nouveau gouvernement le 10 février dernier. Une promesse qui, à ce jour, reste sans suite.
Cette inertie apparente suscite bien d’interrogations et spéculations. Pour une source bien introduite, Paul Biya est face à un dilemme et il n’arrive pas à décider.
Les grandes chancelleries occidentales et les partenaires au développement du Cameroun sont favorables à l’instauration d’une période de transition politique, plutôt qu’à la reconduction ou au renouvellement d’une équipe gouvernementale.
Pour Paul Biya, l’option d’une période de transition est risquée puisqu’elle va rapidement déboucher sur son départ avec l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. Par contre, s’il ignore cette option en choisissant de nommer un nouveau gouvernement, il prend le risque de se mettre sur le dos ces puissances étrangères.
A en croire notre source, Paul Biya est face à un choix cornélien. Et s’il joue la montre pour le moment, il va bien falloir choisir à la fin.
Jean-Michel Bios
