Alors que le Moyen-Orient s’embrase, Serge Espoir Matomba, candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre dernier au Cameroun, n’est pas resté atone. Pour l’opposant camerounais, l’escalade au Moyen-Orient prouve bien que les puissances peuvent attaquer un pays pour des raisons qui souvent ont été remises en question.
« En Irak, l’intervention contre Saddam Hussein avait été justifiée par l’existence supposée d’armes de destruction massive. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, aucune trace de ces armes n’a été retrouvée. En Libye, l’intervention qui a conduit à la chute de Mouammar Kadhafi était présentée comme une action visant à protéger les populations et à instaurer la démocratie. Ces exemples montrent que, dans les relations internationales, les décisions sont souvent complexes et que les justifications avancées peuvent être contestées.
Aujourd’hui encore, l’évolution des événements dans le monde montre que les rapports de force restent une réalité », explique Serge Espoir Matomba. Pour lui, plus de doute, l’Afrique doit se prémunir en travaillant à se doter d’une sécurité commune afin de protéger leur souveraineté. Il l’explique en arguant que « l’Afrique doit penser sa sécurité par elle-même et pour elle-même ». Il ajoute aussitôt : « il ne s’agit pas de rechercher la confrontation, mais plutôt de prendre conscience des réalités du monde et de se préparer à défendre nos États si cela devenait nécessaire ».
Pas étonnant en tout cas. Serge Espoir Matomba s’est toujours présenté comme un souverainiste doublé d’un panafricaniste. Il est d’ailleurs l’un des acteurs de la plateforme des partis panafricanistes du continent en pleine évanescence, aux côtés de l’Ivoirien Charles Blé Goudé. Lors de la dernière élection présidentielle, Serge Espoir Matomba a fait campagne en mettant en avant ces idées souverainistes. Qui visiblement, peinent à accrocher l’opinion. Ce qui prouve bien qu’il y a du chemin avant de de voir naitre une sécurité commune en Afrique.
Jean-Michel Bios
