À Kinshasa, une tradition prend racine depuis trois ans, discrète mais profonde, portée par une jeune femme qui refuse de considérer son titre comme une simple distinction esthétique. Octavie Kabuya, élue Femina Miss Congo 2024, perpétue chaque année une initiative aussi symbolique que concrète : célébrer la Journée internationale des droits des femmes aux côtés des orphelins de la capitale.

Ce choix, loin d’être anecdotique, est le reflet d’une conviction chevillée au corps. À travers son organisation à but non lucratif, l’ONG Octavie Kabuya Action Femme (OKAF), créée en 2022, l’ancienne reine de beauté s’emploie à multiplier les actions sociales en faveur des plus vulnérables. Mais c’est au 8 mars, date hautement symbolique pour les droits des femmes, que son engagement prend une dimension particulière.

Loin des discours convenus et des célébrations institutionnelles, Octavie Kabuya a choisi de consacrer cette journée à celles et ceux qui, selon elle, incarnent l’avenir : les enfants. « J’ai choisi de célébrer la Journée internationale des droits des femmes avec les enfants, explique-t-elle, parce que la femme incarne bien plus qu’un rôle : elle est une institution, celle de la maternité. Au-delà de cela, elle entretient un lien naturel et profond avec les enfants, qu’ils soient les siens ou non. »

Cette approche, à la fois intime et politique, renverse la perspective habituelle. En plaçant les enfants au cœur de cette journée de combat pour l’égalité des sexes, Octavie Kabuya rappelle que les droits des femmes ne sauraient être dissociés de la protection et de l’éducation des plus jeunes. « En tant que femme appelée à devenir mère, j’ai voulu, le temps de cette journée, jouer ce rôle auprès de ces enfants et partager avec eux un moment d’amour et de joie », confie-t-elle.

Derrière ce geste se dessine une vision plus large de l’engagement féminin. Pour la jeune lauréate, il ne s’agit pas seulement d’apporter un soutien ponctuel, mais de poser un acte fondateur, porteur de sens. L’ONG OKAF, depuis sa création, s’inscrit dans cette logique de proximité et de durabilité, en ciblant des actions concrètes dans la capitale congolaise. Chaque action est pensée comme une pierre ajoutée à l’édifice d’une société plus solidaire.

Dans un témoignage inspirant adressé aux jeunes filles, Octavie Kabuya livre un message d’émancipation sans concession : « Ne doutez jamais de votre valeur. Vous êtes précieuses, puissantes et dignes de toutes les opportunités. Croyez en vos rêves, révélez le potentiel que Dieu a placé en vous. Votre réussite ne dépend d’aucun facteur extérieur : tout commence par la décision de devenir celle que vous aspirez à être. »

Des paroles qui résonnent particulièrement en République démocratique du Congo, où les femmes font face à de multiples défis, entre précarité, violences et accès limité à l’éducation. En choisissant de mettre sa notoriété au service d’une cause sociale, Octavie Kabuya renverse l’image parfois superficielle associée aux concours de beauté. Elle démontre que le titre de Femina Miss Congo 2024 peut être un levier puissant pour impulser des changements durables.

À travers ses actions régulières et sa présence constante auprès des orphelins de Kinshasa, la jeune femme confirme que son engagement dépasse largement le cadre des paillettes et des projecteurs. Elle inscrit son parcours dans une dynamique d’impact social durable, où la beauté devient le prolongement naturel d’une générosité active. Pour les enfants qu’elle rencontre chaque 8 mars, elle incarne bien plus qu’une reine de beauté : une figure d’espoir et un modèle de résilience.

En mêlant tradition et modernité, Octavie Kabuya offre une nouvelle définition de la transmission : celle qui s’ancre dans le concret, dans la rencontre, dans le temps donné. Une leçon de vie, venue de Kinshasa, qui mérite d’être célébrée bien au-delà du seul 8 mars.

Emmanuel Ekouli

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