Kinshasa, 1er avril – C’est une date qui restera gravée dans le marbre de l’histoire du football congolais. Hier soir, à Guadalajara, au Mexique, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont mis fin à plus d’un demi-siècle de disette en se qualifiant pour la Coupe du monde. Face aux Reggae Boyz de la Jamaïque, les hommes de Sébastien Desabre se sont imposés sur le score minimal de 1-0 après prolongation. Mais si les joueurs sur la pelouse ont su faire preuve d’abnégation, une autre force semble avoir guidé leurs pas : celle des reines de beauté nationales.
Parmi les quelque 100 000 supporters congolais vibrants derrière leurs écrans, deux figures se sont distinguées par leur ferveur. Nyota Weshanga, Miss Congo 2023, et Octavie Kabuya, Miss Congo 2024, n’ont pas caché leur passion dévorante pour l’équipe nationale. Présentes lors de divers rassemblements de soutien organisés dans la capitale, les deux jeunes femmes ont incarné l’élégance et la fierté patriotique, transformant chaque instant du match en un véritable spectacle d’engagement.
Dans un pays où le football est une religion, la présence des Miss aux côtés des supporters n’est pas passée inaperçue. Pour beaucoup, elles ont joué le rôle d’un talisman. « Nous avons prié, nous avons chanté, et nous avons cru jusqu’au bout. Ces Léopards nous ont rendues fières d’être Congolaises », a confié avec émotion Octavie Kabuya dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux après le coup de sifflet final.
« Une Miss est une ambassadrice »
Ce lien entre la beauté et le ballon rond, Nathan Zawadi, président de la Fédération de la Beauté Congolaise (FEBECO) et du comité Femina Miss Congo, le cultive avec fierté. Dans une déclaration publiée sur son compte Instagram au lendemain de la victoire, il a tenu à rappeler la place centrale des reines de beauté dans le rayonnement national.
« Une Miss est une ambassadrice. Elle représente bien plus qu’une couronne. C’est un patrimoine national qui incarne la gastronomie congolaise, la musique congolaise, y compris le sport congolais », a-t-il écrit, saluant la ferveur affichée par ses protégées. Selon lui, la qualification des Léopards est aussi celle de tout un peuple, dont les Miss sont le reflet le plus éclatant.
Kinshasa en ébullition
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, les rues de Kinshasa se transformaient en une immense scène de liesse. Malgré une pluie fine qui s’est invitée dans les dernières minutes de la rencontre, rien n’a pu calmer l’enthousiasme des milliers de Congolais rassemblés. Pétards, klaxons de motards, rythmes endiablés de la rumba et danse ont rythmé une nuit blanche mémorable.
Les célébrations se sont poursuivies bien après le match, marquant la fin d’une longue attente. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, la RDC disputera donc une phase finale de Coupe du monde. Un retour au premier plan qui confirme la puissance retrouvée des Léopards sur la scène continentale.
Un héros inattendu
Sur le terrain, c’est un défenseur qui a écrit la légende. Poussés en prolongation malgré une nette domination, les Congolais ont finalement fait sauter le verrou jamaïcain sur un corner. À la 101e minute, Axel Tuanzebe a surgi au premier poteau pour propulser le ballon au fond des filets, offrant ainsi le sésame américain à toute une nation. Un but qui restera à jamais associé à cette nuit de grâce, où la beauté, la ferveur et le sport ne firent qu’un pour porter chance aux Léopards.
Emmanuel Ekouli
