Yaoundé, le 8 juillet 2026 – L’exécution du budget de l’État pour le premier trimestre 2026 affiche des résultats contrastés. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2027-2029 publié par le ministère des Finances, le Cameroun a mobilisé 1 331,7 milliards de FCFA sur les 2 181 milliards attendus, soit un taux de réalisation de 61 %. Si les recettes internes ont montré une certaine vigueur, la contreperformance est spectaculaire du côté des financements extérieurs, plombée par des décaissements en chute libre .
Le décrochage des financements extérieurs
Le principal motif d’inquiétude réside dans la mobilisation des emprunts et dons. Avec seulement 137,5 milliards de FCFA encaissés sur une prévision de 827,7 milliards, le taux de réalisation de ce poste n’est que de 16,6 %. En comparaison avec la même période en 2025, où les décaissements atteignaient 327,6 milliards, la baisse est vertigineuse : -58 % .
La situation est particulièrement critique pour les prêts-projets, qui plafonnent à 39,4 milliards de FCFA (19 % de réalisation). Les dons (0,1 milliard sur 18,5 attendus) et les appuis budgétaires (aucun décaissement) sont quasiment à l’arrêt . Ces retards compromettent le financement de projets structurants, alors que des reliquats de prêts non décaissés s’élèvent à plus de 5 000 milliards de FCFA .
Les recettes internes assurent le socle
Les recettes internes, en revanche, ont mieux résisté. Recouvrées à hauteur de 1 193,9 milliards de FCFA, elles atteignent un taux de réalisation de 88,2 %. Elles sont toutefois en léger recul de 1,9 % par rapport à mars 2025 . Cette stagnation s’explique par les recettes pétrolières, en chute de 34,6 % en raison de la baisse de production, malgré la flambée des cours .
Les recettes non pétrolières, portées par une fiscalité dynamique (hors hydrocarbures), ont progressé de 3,2 % pour atteindre 1 087,4 milliards de FCFA .
Un investissement public à l’arrêt
Conséquence directe de ces difficultés : l’exécution des investissements publics est au point mort. Les dépenses d’investissement se sont établies à seulement 45 milliards de FCFA au premier trimestre, contre 175,5 milliards un an plus tôt, soit une chute de 74,4 % . Le taux d’exécution des crédits dédiés à l’investissement n’est que de 2,5 % .
Le gouvernement attribue ce retard aux “contraintes techniques” liées au basculement vers la nouvelle plateforme informatique de gestion budgétaire PROBMIS IA, qui a perturbé le traitement des opérations en début d’année .
Edwige Christine Mekoui
